MAROC
11/10/2019 10h:02 CET | Actualisé 11/10/2019 10h:02 CET

Quels sont les favoris pour le prix Nobel de la Paix?

Greta Thunberg, Hajer Sharief, Abiy Ahmed ou encore Jacinda Ardern... tout le monde a son pronostic pour la prestigieuse distinction norvégienne.

rrodrickbeiler via Getty Images
Centre Nobel de la paix, Oslo, Norvège.

PRIX NOBEL DE LA PAIX - Dans la série des Nobel, le dernier prix est sans doute le plus prestigieux. Le Nobel de la Paix, remis ce vendredi 11 octobre, viendra saluer les efforts d’une personnalité ou d’une organisation en faveur de la paix parmi les 301 candidats retenus. 

Comme chaque année, les membres de l’Académie norvégienne ont l’embarras du choix. Toutefois, certains noms reviennent avec plus d’insistance que d’autres. C’est notamment le cas de Greta Thunberg, qui figure en tête des listes des bookmakers britanniques. 

Un pronostic -à prendre toutefois avec des pincettes, pour plusieurs raisons: tout d’abord, la liste des nommés pour le Nobel est longue, et tenue secrète pendant 50 ans. Ensuite, d’autres instituts se montrent beaucoup moins emballés par la candidature de la Suédoise: c’est le cas de l’Institut de Recherche pour la Paix d’Oslo (PRIO), qui produit lui aussi chaque année son top 5 des pronostics et est souvent cité comme un bon indicateur. 

Enfin, et surtout, les choix du comité Nobel sont difficiles à prévoir et si parfois certains pronostics tapent dans le mille, ce n’est pas systématiquement le cas. En 2017, le Nobel avait ainsi été accordé à l’ICAN, pour sa lutte contre le nucléaire et dont le nom ne figurait pas dans la liste du PRIO, mais était cité par les bookmakers. En 2018 en revanche, les noms de Denis Mukwege et Nadia Murad figuraient dans toutes les listes... comme depuis plusieurs années déjà.

Greta Thunberg

Il y a un an, elle entamait seule sa grève scolaire pour le climat. Depuis, elle a fédéré des millions de personnes derrière elle et traverse les océans (sur un bateau) pour s’exprimer devant les dirigeants du monde entier. À 16 ans, Greta Thunberg est donnée favorite du site  OddsCheker, qui compile les pronostics de plusieurs plateformes de paris en ligne. 

Toutefois, elle ne fait pas partie des favoris du PRIO. Tout en affirmant qu’il ne s’agit pas de “dévaloriser” le combat de la Suédoise, le directeur de l’institut s’en explique en indiquant que “l’absence de son nom dans la liste reflète le manque de connexions évidentes entre les changements climatiques et les conflits armés”. 

Abiy Ahmed

Son nom, moins connu du grand public, fait consensus entre les bookmakers -qui le place en 2e position- et le PRIO. Abiy Ahmed est le premier ministre éthiopien, artisan de la réconciliation de son pays avec l’Érythrée voisine. 

Après 20 ans de conflit, la frontière entre les deux pays a été rouverte en juillet 2018 après la signature d’une “déclaration conjointe de paix et d’amitié” entre l’Éthiopie et son ancienne province.

Et si depuis les points de frontières ont été refermés et que la normalisation des relations entre les deux pays semble au point mort, la signature de cet accord n’en reste pas moins un symbole suffisamment fort pour respecter les critères d’attribution du Nobel. 

Le Comité International de Secours

 Là aussi, il y a consensus entre la liste du PRIO et les bookmakers, même si le Comité International de secours (International Rescue Committee, IRC) n’arrive pas en haut du classement. Fondé en 1933 sur une suggestion d’Albert Einstein en réaction à l’arrivée au pouvoir d’Adolf Hitler, l’IRC est engagé dans la plupart des crises humanitaires mondiales, notamment en cas de déplacements de populations pour cause de guerre. 

“La plus grande partie des difficultés liées à la crise mondiale des migrants est supportée par les pays voisins des zones de conflit intense. Accueillir les réfugiés de ces pays, comme le Liban ou la Jordanie, revêt une grande importance. Un prix Nobel à l’IRC serait une reconnaissance de leur travail immense dans ces régions où les réfugiés affluent”, justifie le directeur du PRIO.

Dans la même catégorie et toujours sur fond de crise migratoire mondiale, le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies fait également partie des favoris des bookmakers, loin devant l’IRC. 

Raoni Metuktire

Absent de la liste du PRIO, Raoni Metuktire, leader indigène emblématique de 89 ans, figure en 3e position chez les bookmakers. Engagé depuis toujours dans les causes environnementales, il est revenu sur le devant de la scène depuis le début des incendies en Amazonie. 

Cible du président brésilien Jair Bolsonaro, qui a déclaré fin septembre que “le monopole de Raoni sur l’Amazonie est terminé”, le cacique a notamment rencontré Emmanuel Macron en marge du G7 de Biarritz. 

Jacinda Ardern

Il a fallu le terrible attentat de Christchurch en 2017 pour que la première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern soit internationalement connue. Lors de ce drame, son attitude humaine et sa proximité avec les familles des victimes ont été unanimement saluées.

Bien classée par les bookmakers, elle ne figure pas en revanche dans la liste norvégienne. 

Hajer Sharief

Numéro 1 dans la liste du PRIO, mais plus loin dans les classements des bookmakers, le nom de la Lybienne Hajer Sharief revient aussi dans la course. Désormais âgée de 26 ans, Hajer Sharief a fondé sa propre association “Together We Build it” pour “encourager une transition démocratique en Lybie”, souligne l’institut norvégien. Elle est particulièrement impliquée dans la lutte pour renforcer la présence des femmes dans le paysage politique. 

À ses côtés, dans la liste norvégienne, figure la Somalienne Ilwad Elman, confondatrice du Centre pour la paix et les droits humains en Somalie, qui milite pour un meilleur accès à l’éducation et une meilleure égalité des sexes, entre autres combats. Enfin, le PRIO cite aussi en très bonne position Nathan Law Kwun-chung, un des leaders de la Révolution des Parapluies qui a secoué Hong Kong en 2014. 

La liberté de l’information

En cette ère de “fake news” et de violences à l’encontre des journalistes, des associations de défense de la liberté de l’information comme Reporters sans frontières (RSF) et le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) sont aussi considérés comme nobélisables. RSF fait d’ailleurs partie du top 5 de l’institut norvégien pour la paix, et arrive en 12e position chez les bookmakers.

Cet article a été initialement publié par Le HuffPost France.