LES BLOGS
16/02/2019 09h:55 CET | Actualisé 16/02/2019 09h:55 CET

Quelque part dans la diaspora

Nadjib Bouznad pour Myriam Kendsi

Nous voila face à une échéance électorale et comment décrire lorsquon fait partie de la diaspora, le désarroi dans lequel on est. Bien sur quon aime le pays dans lequel on est, bien sur que lon saigné durant la décennie noire, bien sur que lon est fière quand nos artistes relèvent la tête, créent et crient leur révolte, leur colère face à leur jeunesse piétinée.

Un président malade, et une oligarchie repue nous tourne le film :

- il ne peut pas parler, on parlera pour lui,

- il ne pourra pas faire sa campagne électorale, on sortira un cadre pour le représenter .

Est-ce que lon est dans le pays où Ubu est roi ?

Combien de morts, de blessés (corps et âme), combien de disparus pour mériter un pays où la citoyenneté sexerce librement ? Combien de générations devront vivre encore sous cette férule ? Est-ce que ce pays na pas suffisamment payé ?

Cependant lAlgérie a une place à prendre, loin des aliénations politiques ou culturelles. De par son histoire, sa situation géographique, la jeunesse de sa population, sa richesse, elle a un rôle à jouer. Bien sur cela nécessite du travail, de lexigence, de la remise en question, de la recherche et de la ténacité mais surtout de la confiance dans un système politique élu pour le bien de toutes et tous .

Même la lune se fait absente et sabrite derrière les nuages, à moins que ce ne soit la nuit qui lait repoussée, puis claqué la porte et refermé à clé.

Les amandiers de Van Gogh se tordent encore de douleur sous le ciel bleu et les champs de Benanteur souffrent de trop de lumière.

Vienne le temps de la liberté, lovée et livrée à limaginaire dégagé des nuages !

Je rêve daccompagner les caravanes chargées d’épices et de tissus précieux, de faire une halte à Taghit, de marrêter place dArmes, de continuer sur la baie dAlger pour me restaurer prés des grands palmiers à la tombée du crépuscule, dy déguster les crevettes au safran assise en tailleur sur un tapis berbère.

Jirai au marché de la Médina Jedida dOran au milieu de lodeur de la corde, de la coriandre, de la menthe et de la cannelle, là où la rue grouille de monde avec ses femmes aux voiles de soie qui saffairent et négocient qui le prix de leau de fleur doranger qui la cannelle.

Les murs blancs peints à la chaux suintent encore de leur lumière et les patios exaltent les odeurs de tajines mêlés aux embruns.

Alors rendez moi mes espoirs de jeune étudiante qui voulait finir ses études et rentrer au pays !

Racontez-moi ces paysages aimés de nos enfances sanctuarisées dans cette Méditerranée où nos mères nous berçaient, volaient au soleil le chagrin des jours, et savaient nous consoler, toujours !

Nous traversions alors l’absence en passagers clandestins, à votre destination. Nous voulions habiter l’auberge de loubli où le bagage trop léger pouvait contenir et les sifflements de la guerre et des provisions de tendresse

Parlez-moi et dites-moi leffacement de labsence, de la douleur masquée,  de la solitude en ce pays tombé et relevé.