TUNISIE
13/07/2018 14h:07 CET

Que se passe-t-il au parti Nidaa Tounes? Zohra Driss pointe du doigt Hafedh Caïd Essebsi

Entouré de mauvaises personnes, HCE s'est emparé du parti, lance Zohra Driss.

FETHI BELAID via Getty Images

Depuis quelques jours, les déclarations en cascade des membres de Nidaa Tounes font polémique. Les rumeurs se faisaient incessantes sur de nouvelles tensions et fissures au sein du parti. 

Des déclarations “provocatrices” de Toubel à celles de Harbaoui en passant par les menaces de Hafedh Caïd Essebsi, ce vendredi 13 juillet 2018, une nouvelle couche vient s’ajouter à la crise.

Intervenant vendredi sur les ondes de Jawhara FM, la députée de Nidaa Tounes aurait mis à nu la politique et le comportement du directeur exécutif du parti, Hafedh Caïd Essebsi. 

 

Driss reproche à ce dernier son attitude “dictatoriale” au sein du parti. Selon elle, tout se résume à lui. Elle l’accuse à demi-mots de vouloir s’emparer du pouvoir au détriment de l’instance politique du parti, qui est “d’après le règlement interne, le seul organe apte à diriger un parti démocratique”, selon ses dires.

Elle affirme que l’instance politique du parti ne s’est pas réunie depuis plus de 16 mois, et ce malgré les demandes incessantes faites par les fondateurs et les dirigeants de Nidaa. Elle juge, ainsi, que tous les faits et les décisions prises durant la dernière période sont factices et invalides. Et d’arguer que “toutes ces décisions émanent d’une seule personne”.

De plus, la députée estime que Hafedh Caïd Essebsi est mal entouré, sans pour autant dévoiler des noms. “Il est entouré par un groupe de personnes qui ne sont pas connues par leur militantisme (...) Ces personnes sont la principale cause des maux de Nidaa” résume-t-elle la situation sans mâcher ses mots. 

Revenant sur le communiqué de Hafedh Caïd Essebsi dans lequel il fait référence à un coups d’État au sein du parti et remet en doute la légitimité des décisions prises par l’instance politique réunie le 11 juillet courant, Zohra Driss souligne que tout ce qui est fait est légal. “Le règlement intérieur du parti stipule que le directeur exécutif ou le 2/3 des membres du bureau politique de Nidaa Tounes ont la possibilité de tenir une réunion de l’instance” explique-t-elle en affirmant que le quorum des présents a été respecté. 

Elle précise que le comité politique ne comporte plus 31 membres, comme le dit Caïd Essebsi dans son communiqué. “Après la vague de démissions, il n’en reste que 19” confie-t-elle. Ainsi, d’après ses dires, les 13 membres réunis du comité politique représentent les deux tiers, le quota fixé par le règlement. De plus, elle affirme que toutes les décisions prises sont conformes à la loi. “D’après le règlement, il faut au minimum 10 personnes pour prendre des décisions. Nous étions 11” martèle-t-elle.   

S’agissant du point de discorde portant sur le maintien ou l’éviction de Youssef Chahed, pour Zohra Driss, il est plus judicieux de stabiliser la situation politique et de ne procéder à aucun changement gouvernemental. Elle a estimé que l’année 2019, date de l’élection présidentielle, avance à grand pas et qu’il est préférable de garder une stabilité politique pour l’image de la Tunisie à l’échelle internationale.

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