MAROC
11/11/2015 08h:31 CET

Quatre syndicats lancent une série de manifestations et une grève générale

Medi1TV
Grève générale: Pourquoi les syndicats remettent le couvert

TRAVAIL - Les centrales syndicales font leur rentrée: un an après la grève générale du 29 octobre 2014, quatre syndicats remettent le couvert. Lors d’une conférence de presse tenue mardi 10 novembre à Casablanca, les secrétaires généraux de la Confédération démocratique du travail (CDT), de l'Union marocaine du travail (UMT), de l'Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) et de la Fédération démocratique du travail (FDT) ont lancé un appel à une série de manifestations.

Une marche pacifique le 29 novembre et un sit-in général des ouvriers le 8 décembre sont prévus à Casablanca, avant la grève générale du 10 décembre qui impliquera la fonction publique et les collectivités locales. Les quatre syndicats ont aussi annoncé l'organisation d'un sit-in des ouvriers à Rabat lors d'une date qui sera donnée ultérieurement.

Ce mouvement de protestation fait suite au boycott historique, le 1er mai dernier, de la fête du travail par les trois principaux syndicats du royaume, l’UMT, la CDT et la FDT. Ces nouvelles manifestations visent à "amener le gouvernement à répondre aux revendications pressantes de la classe ouvrière", ont indiqué les leaders syndicalistes lors de la conférence de presse.

Dans un communiqué conjoint, ils expliquent avoir pris la décision d’organiser ces différents mouvements de protestation suite à "l'insouciance du gouvernement qui a fait fi des marches ouvrières pacifiques, de la grève générale du 29 octobre 2014 et du boycott des festivités du 1er mai 2015".

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Outre le rejet du projet de réforme de la retraite, parmi les revendications principales des centrales syndicales soumises à Benkirane figurent également la hausse générale des salaires et des pensions de retraite, la baisse de la pression fiscale sur les salaires et l'amélioration des revenus, l'augmentation à 6.000 dirhams des revenus non imposables, le respect des libertés syndicales et du Code de travail, et la suppression de l'article 288 du Code pénal.

Ce dernier punit d’emprisonnement d’un mois à deux ans et/ou d’une amende de 200 à 5.000 dirhams quiconque, à l'aide de violences, voies de fait, menaces ou manœuvres frauduleuses, a amené ou maintenu, tenté d'amener ou de maintenir, une cessation concertée du travail, dans le but de forcer la hausse ou la baisse des salaires ou de porter atteinte au libre exercice de l'industrie ou du travail.

Figurent également, parmi les demandes des syndicats, "l'instauration d'une approche participative dans la réforme du système de retraite, l'application des autres dispositions de l'accord du 26 avril 2011 (notamment sur le dialogue social), l'ouverture de négociations sectorielles pour parvenir à des accords et la mise en place d'une cellule ministérielle pour assainir le climat social dans les unités de production". Un cahier revendicatif régulièrement mis sur le tapis depuis plus de trois ans.

Galerie photo Manifestation pour les libertés individuelles à Casablanca Voyez les images