TUNISIE
22/11/2018 09h:54 CET

Quatre questions à Lorenzo Fanara, l'Ambassadeur d'Italie en Tunisie

"C’est la culture qui est la base essentielle de la compréhension entre nos deux peuples".

Facebook/Ambassade d'Italie en Tunisie

La semaine de la cuisine italienne célébrée pour la troisième année consécutive partout dans le monde, revient cette année en Tunisie, du 19 au 23 novembre, avec un programme riche en événements culturels, en dégustations, mais aussi autour de tables rondes et de show cooking. 

Pour l’occasion, le HuffPost Tunisie est allé à la rencontre de l’Ambassadeur d’Italie en Tunisie, Lorenzo Fanara, pour parler de la semaine de la cuisine italienne, mais pour aborder aussi d’autres points qui réunissent l’Italie et la Tunisie. Interview.

HuffPost Tunisie: Que représente pour l’Italie l’organisation de la semaine de la cuisine italienne?

Lorenzo Fanara: Je suis très fier d’avoir organisé cette semaine de la cuisine italienne à Tunis, parce que la cuisine italienne est une expression de notre culture, de notre identité. Les italiens mettent dans la cuisine tout l’amour qui leur a été légué par leurs ancêtres, alors pour nous la cuisine est synonyme de culture. Cuisiner c’est une passion pour les italiens, mais c’est aussi une manifestation de notre respect pour l’environnement. Nous devons respecter la mer, que nous partageons avec les autres pays de la Méditerranée, dont la Tunisie.

Comment cet événement consolide-t-il les échanges culturels entre l’Italie et la Tunisie?

Nous partageons avec la Tunisie l’amour pour les pâtes. Il y a peut-être une différence dans la façon dont nous les cuisinons. Ce qui est important, c’est que nous partageons le régime méditerranéen, c’est un régime fait de produits simples, des produits du terroir, et c’est un régime que nous défendons italiens et tunisiens ensemble, notamment aux Nations-Unies, avec une action diplomatique partagée. Dans certains pays, il y a eu des ententes qui ont tenté de classer les produits de la Méditerranée comme des produits caloriques. Ce que nous disons, c’est qu’il ne faut pas considérer le produit en lui-même, mais tout le régime, un régime avec un ensemble d’ingrédients.

Qu’en est-il des autres projets réunissant la Tunisie et l’Italie?

L’Italie croit beaucoup dans le secteur agricole tunisien. Nous avons dans ce cadre lancé une ligne de crédits, à des taux très favorables, afin d’inciter les PME tunisiennes à investir dans ce secteur. Le budget alloué à ce projet est de 57 millions d’euros, dont 7 comme dons. 

Nous avons aussi mis en place un programme pour soutenir le processus de décentralisation en Tunisie. Nous avons identifié avec le ministère du Développement, de l’investissement et de la coopération internationale 31 mairies, des régions défavorisées, où nous allons procéder à la construction de nouvelles infrastructures.

Nous avons également consacré un budget de 25 millions d’euros pour soutenir la construction de nouvelles écoles, principalement des écoles primaires.

J’ajouterai que nus sommes toujours favorables à plus d’échanges commerciaux, à plus d’investissements, et encore une fois, plus d’échanges culturels, parce que c’est la culture qui est la base essentielle de la compréhension entre nos deux peuples.

Un mot à dire concernant l’immigration irrégulière? 

Nous sommes satisfaits de la coopération qui existe entre la Tunisie et l’Italie en ce qui concerne la lutte contre l’immigration irrégulière, qui est dans l’intérêt de nos deux pays et de nos deux peuples, et nous sommes convaincus que l’accord qui a été signé en 2011 est un accord qui marche et qui pourrait être amélioré, avec une petite dose de flexibilité.

Cet accord conclu le 05 avril 2011 entre le ministre italien de l’Intérieur Roberto Maroni et son homologue tunisien Habib Essid prévoyait de régulariser la situation des migrants irréguliers tunisiens arrivés avant la conclusion de l’accord en leur accordant des permis de séjours temporaires contre une coopération plus accrue de la Tunisie contre l’immigration clandestine notamment par le biais d’un contrôle plus serré au niveau du littoral tunisien ainsi que le rapatriement vers la Tunisie de migrants illégaux arrivés après la conclusion de l’accord.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.