TUNISIE
11/07/2018 12h:46 CET | Actualisé 11/07/2018 12h:47 CET

Quand un médecin tunisien lance une initiative pour prévenir les maladies cardio-vasculaires en Afrique

Il espère à travers cette initiative à "réduire le fossé déjà énorme entre l’Europe et l’Afrique”

Au moment où la fuite des cerveaux bat son plein en Tunisie, Mohamed Ghannem le Chef du service cardiologie Fondation Leopold Bellan en France et député d’Afek Tounes compte agir, à sa manière, en lançant une initiative qui permettrait de limiter ce fléau.

Invité sur le plateau de France 24, Ghannem a fait savoir qu’il a récemment lancé une initiative qui consiste à délocaliser de la France vers la Tunisie les diplômes universitaires relatives à la sous spécialité de prévention et réhabilitation des maladies cardiovasculaires. “C’est une première” dit-il en évoquant l’importance d’une telle spécialité quasiment absente sur le continent africain.

D’après lui, le besoin est imminent surtout que selon les études de l’OMS, les maladies cardiovasculaires sont parmi les premières causes de mortalité dans le monde, et notamment en Afrique.  

En effet, à travers cette initiative, le député d’Afek Tounes espère généraliser ce savoir à l’ensemble des pays de Maghreb et d’Afrique. Il pense former la jeunesse africaine en Tunisie sans pour autant avoir le besoin de se déplacer en France. Il a assuré que les conditions, les professeurs et les cours entre les deux pays seront identiques.

“L’examen de fin d’études pour les Cardiologues d’Afrique subsaharienne inscrits au Diplôme Inter Universitaire de Prévention, Réadaptation cardiaque et de Cardiologie du Sport, qui s’est déroulé le jeudi 28 juin à la faculté de médecine de Sousse, était un franc succès” s’est-il réjoui. 

“Dans le cadre d’une convention entre l’Université de Tours en France et l’Université de Sousse en Tunisie et avec l’implication des milieux politiques, nous avons réussi à délocaliser ce DIU de la France en Tunisie. Les efforts fournis par toute une équipe motivée, volontaire et bénévole sont couronnés par un premier succès très encourageant pour la suite. Un grand pas vers le Hub Universitaire en Tunisie pour les étudiants de l’Afrique subsaharienne, promis par le Président Macron” précise-il dans un post publié sur sa page Facebook.

Pour Ghannem, cette initiative de délocalisation d’un diplôme inter-universitaire en cardiologie de la France en Tunisie, a pour objectif de “réduire le fossé déjà énorme entre l’Europe et l’Afrique” et de limiter la fuite des compétences, qui se fait en un sens unique “du sud vers le nord”.

“Un rééquilibrage est plus qu’urgent. On ne peut limiter l’immigration que si on instaure une justice et une paix dans ce monde... et que si on permet aux gens de mieux vivre chez eux. L’immigration est rarement un choix” a-t-il conclu.

Le phénomène de migration de médecins est de plus en plus inquiétant. Près de la moitié des nouveaux inscrits à l’Ordre en 2017 ont quitté la Tunisie. 

En effet, face à l’incapacité de l’État à “valoriser” ses médecins, ces derniers trouvent dans certains pays européens ou du Golfe de nouvelles perspectives offrant à la fois une valorisation plus onéreuse et une carrière plus prometteuse.

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