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30/10/2014 15h:56 CET | Actualisé 30/12/2014 06h:12 CET

Quand on s'invite chez les autres... (Chronique)

Mon intuition me dit que, déjà, en Afghanistan, beaucoup de soldats américains, fatigués de chercher des fantômes pour les besoins fantasques de leur hiérarchie, ont appris la Fatiha du Livre Saint et ont pris plaisir à prier dans les grottes fraîches de Bora- Bora. Les contingents dépêchés en Irak ont eu, pour leur part, tout le temps nécessaire pour devenir qui sunnite, qui chiite, car il faut bien, n'est-ce pas, que le soldat en déshérence remplisse ce vide immense qu'il ressent dans sa poitrine et qui le remplit d'un indicible effroi.

Isaf Facebook

Lorsque vous traversez un champ trempé, vos bottes s'alourdissent de boue et vous avez beau en essuyer frénétiquement les semelles contre l'herbe grasse, il en restera toujours de quoi salir votre palier en rentrant chez vous.

Quand vous voyagez, il vous arrive à peu près la même chose, surtout si vous décidez de vous attarder dans le pays d'accueil.

De retour au bercail, vous avez sur le bout de la langue un léger accent, dans la pupille des paysages inédits et vos habits sont imbibés d'un parfum indélébile venu d'ailleurs. Dans votre poitrine, à l'endroit où votre cœur palpite, quelque chose aura irrémédiablement changé et votre cervelle, confrontée à des logiques diverses, aura appris à faire de nouvelles exégèses.

Le soldat en campagne chez les autres est, je pense, encore plus sensible que le simple touriste aux effets de l'environnement où on l'envoie vivre des situations extrêmes. Une armée qui occupe un pays ne peut pas s'en sortir indemne.

On ne s'invite pas impunément chez les autres. La France, par exemple, en sait quelque chose. Ses conquêtes ont déteint à ce point sur elle que la fille aînée de l'Eglise, jadis blonde et catholique, a maintenant les cheveux noirs, parfois crépus, la peau plus ou moins brune, les yeux souvent bridés et la foi partagée.

Il faut donc s'attendre, dans les décennies à venir, à une mue des Etats Unis d'Amérique et de tous les pays qui ont pris le risque de s'aventurer en Asie Centrale et au Proche Orient.

Mon intuition me dit que, déjà, en Afghanistan, beaucoup de soldats américains, fatigués de chercher des fantômes pour les besoins fantasques de leur hiérarchie, ont appris la Fatiha du Livre Saint et ont pris plaisir à prier dans les grottes fraîches de Bora- Bora.

Les contingents dépêchés en Irak ont eu, pour leur part, tout le temps nécessaire pour devenir qui sunnite, qui chiite, car il faut bien, n'est-ce pas, que le soldat en déshérence remplisse ce vide immense qu'il ressent dans sa poitrine et qui le remplit d'un indicible effroi.

Rentrés chez eux, les rescapés de ces guerres se manifesteront un jour ou l'autre. Il ne faudra pas s'étonner qu'ils aient demain leur mot à dire dans l'enceinte même de la Maison Blanche et de son bureau ovale... !

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