TUNISIE
20/07/2018 14h:18 CET | Actualisé 20/07/2018 14h:35 CET

Quand on interdit les animaux sur les plages tunisiennes et qu'on menace de les tuer

Les associations de protection des animaux réagissent.

Purple Collar Pet Photography via Getty Images

La municipalité de Ras Jbel à Bizerte a publié, jeudi, un communiqué interdisant les animaux, notamment les chiens, sur les plages de la région, et ce pour garantir “la sécurité” des vacanciers. 

Toute transgression de cette mesure engendrera la “saisie et la mise à mort de l’animal” ainsi que d’autres poursuites judiciaires, indique la municipalité.

 

Facebook/Winou Ettrotoir

Une mesure “choquante et violente”, dénonce Sofia Ghariani, de l’Association de sauvetage et de protection des animaux de Tunisie (Aspat) au HuffPost Tunisie, et d’ajouter aussitôt, “mais ce n’est pas nouveau, c’est toujours la même politique concernant les animaux”, déplore-t-elle. 

La mise à mort, outre son aspect cruel, est-elle une solution de facilité? Incontestablement, estime-t-elle. “On aurait pu annoncer que les chiens doivent être en laisse et accompagnés de leurs maitres ou encore aménager un horaire où il est permis d’apporter son chien. Sachant qu’on parle ici de chiens dressés, pas de chiens errants, ceux-là ont souvent peur des humains pour aller sur les plages”, dit-elle. 

Quant à la propreté des plages, Sofia Ghariani explique que “les chiens ne polluent pas, les humains si, comme on le voit partout”, lance-t-elle. 

Nawel Lakech, président de l’Association de protection des animaux (PAT) pointe du doigt le comportement de certains maitres: “Le maitre ne doit pas lâcher son chien sans laisse même s’il est dressé. On parle de la vie en communauté, du bien-être de tous, donc il faut que les maitres soient responsables”, explique-t-elle au HuffPost Tunisie. 

Au-delà des plages, la présidente de la PAT fustige le comportement de certains maitres qui adoptent certaines races de chiens sans savoir comment prendre soin d’eux. Elle évoque aussi ceux qui prennent des chiens pour surveiller la maison ou la ferme et les lâchent la nuit, livrés à eux-mêmes avec le danger qui va avec, les accouplements aléatoires qui ne font qu’augmenter le nombre des chiens errants. 

Elle préconise ainsi la généralisation de la stérilisation des femelles, avec un service spécialisé partout en Tunisie. 

Dans d’autres pays, les animaux sont extrêmement protégés. Sofia Ghariani évoque l’exemple des chiens sauveteurs dans les plages dans certains pays, quant à Nawel Lakech, elle évoque l’exemple des parcs pour animaux. En Tunisie, manifestement on est encore très loin de ces exemples. 

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