MAROC
30/04/2019 12h:23 CET

Quand le M.A.L.I. mène une action pro-avortement au ministère de la Santé

Une action filmée et bientôt diffusée par la websérie "Clit Revolution".

Facebook/M.A.L.I
Elvire Duvelle-Charles et Sarah Constantin, co-créatrices de la web-série "Clit Revolution", entourent Betty Lachgar, porte-parole du M.A.L.I.

AVORTEMENT - Nouvelle action du collectif qui milite pour les droits individuels. Alors que la question autour de l’avortement au Maroc divise toujours, le Mouvement Alternatif pour les Libertés Individuelles (M.A.L.I)  s’est lancé mercredi dernier dans une nouvelle action symbolique visant cette fois-ci le ministère de la Santé à Rabat. À cette occasion le Mouvement était accompagné des Françaises de “Clit Revolution”, une web-série documentaire féministe.

Comme vous pouvez le voir dans la vidéo ci-dessous, pour cette action, des membres du mouvement basé au Maroc et les deux fondatrices de “Clit Revolution”, Elvire Duvelle-Charles et Sarah Constantin, ont collé des serviettes hygiéniques sur la façade du ministère de la Santé à Rabat. Des serviettes tachées de faux sang et sur lesquelles étaient écrites des messages comme “Mon corps m’appartient”, “Le droit à l’avortement est un droit fondamental à l’égalité”, “Ma vulve, mon utérus, ma décision”, ou encore “Mon corps, mes règles”:

“Le tournage a duré quinze heures”, explique au HuffPost Maroc Betty Lachgar, porte-parole du Mouvement M.A.L.I. “On était une petite dizaine, on a préparé les serviettes hygiénique, le faux sang, les slogans, etc,... et l’action s’est elle  passée vers minuit devant le ministèr, ce qui n’a pas été évident vu que nous avions une grosse caméra avec nous”.

Le happening s’est donc fait rapidement, le gardien de nuit ayant surpris le groupe au moment du collage des serviettes hygiéniques: “On n’a pas eu trop d’embêtement, mais au moment du collage, le gardien de nuit est sorti. Du coup, on a dû faire très vite. Je ne pense pas qu’il ait appelé la police, d’ailleurs”, poursuit Betty Lachgar.

“C’était rapide mais c’est important pour la symbolique et le message que fait passer “Clit Revolution” et M.A.L.I”. “Clit Revolution” diffusera le 16 mai prochain un épisode sur cette action à l’occasion de leur “road-trip documentaire aux quatre coins du monde pour rencontrer des héroïnes qui défient les normes et se réapproprient leur sexualité”. 

M.A.L.I de son côté mène régulièrement des activités féministes et pro-avortement. Il y a quelques mois, les membres du mouvement publiaient un communiqué dans lequel ils faisaient part de leur “consternation” face à la décision du ministère de la Santé de suspendre l’autorisation de mise sur le marché (AMM) de Artotec, un médicament utilisé par des femmes pour avorter.

“Nous considérons que la législation répressive criminalisant le recours à l’avortement engendre de graves violations du droit des femmes”, rappelle un récent communiqué du mouvement, partagé suite à l’action symbolique menée au ministère de la Santé. “M.A.L.I. lutte en faveur d’un droit à l’avortement pour TOUTES! Il est question d’égalité entre toutes les femmes tenant compte de la diversité des réalités, et qui met en avant la notion du choix, quel qu’il soit, sans jugement ni contrainte. La notion du choix dans le domaine des droits sexuels et reproductifs dépasse la seule question de l’avortement, cela sous-entend d’avoir accès à une éducation sexuelle et à des moyens de contraception adaptés”, poursuit le communiqué, qui invite “la société civile, particulièrement les organisations féministes, à se mobiliser autour de la question du droit à l’avortement comme droit fondamental” et appelle à “l’abrogation de ces lois liberticides et sexistes”. 

L’avortement est toujours interdit au Maroc, sauf dans le cas où la santé de la femme est en danger. Malgré la soumission d’un projet de loi à la Chambre des représentants en juin 2016 pour élargir les cas d’autorisation de l’IVG, la loi n’a toujours pas été adoptée.

Le projet de loi prévoit l’autorisation de l’avortement lorsque la grossesse représente un danger pour la vie de la mère ou sa santé, lorsque la grossesse est générée par un viol ou un inceste, lorsque la mère est atteinte d’une maladie liée à un déséquilibre mental, ou lorsque le fœtus est atteint de maladies ou de malformations génétiques graves ne pouvant être traitées au moment où elles sont diagnostiquées.