TUNISIE
04/06/2018 15h:55 CET

Quand le lycée Pierre Mendès France fait son musée

Et, parce que l’art est l’une des meilleures manières pour exprimer son engagement, le lycée français “Pierre Mendes France”, s’est transformé en un réel musée, le 15 mai dernier.

L’école est un lieu de vie; elle nous transmet des valeurs, nous apprend à être de bons citoyens, à vivre en communauté mais aussi et surtout à s’engager pour défendre des causes et des valeurs que l’on considère importantes . Et, parce que l’art est l’une des meilleures manières pour exprimer son engagement, le lycée français “Pierre Mendes France”, s’est transformé en un réel musée, le 15 mai dernier.

En effet, les élèves de 3ème se sont surpassés pour présenter un programme riche, original et varié, mais sous un seul et unique thème: l’engagement.

Des tableaux, des dessins, des sculptures, des textes mais aussi des vidéos ou encore des performances en live; les jeunes ont bien usé de leurs talents pour montrer leur engagement.

Ons Belhaj Miled
Ons Belhaj Miled
Ons Belhaj Miled

 

Ces travaux sont, en fait, le fruit de plusieurs ateliers auxquels les élèves ont pris part, en ayant le privilège d’être coachés par les deux artistes tunisiens;  Ali Zenaidi, et Leila Allagui.

Et, parce que c’est toujours impressionnant de voir ce que les adolescents sont capables de créer quand ils s’impliquent, et parce que le P’tit Huff a été bien impressionnés par ce musée, qu’à travers cet article, nous vous livrons le meilleur de cette journée.

La sélection de projets du “P’tit Huff”, expliqués par leurs initiateurs:  

1) ″Le sexisme dans le monde sportif”; un projet de Yasmine Tamboura, Nour Abdelkarim, et Loumi Lina, qui a impressionné le public. Les jeunes filles expliquent: “Notre projet s’intitule ‘Le sexisme dans le monde sportif’. Nous avons habillé deux mannequins; une fille avec une tenue de boxe, ensuite avec une tenue de Judo, et un garçon avec une tenue de danse.

Notre but était d’avoir l’avis de différentes personnes sur cette sorte de ‘provocation’. Les personnes étaient mitigés sur le fait que le sexe n’avait pas d’importance dans le monde sportif. Nous avons conclu que les avis sont bien sexistes parfois, mais on a bien atteint notre objectif de sensibilisation, malgré tout, car à chaque fois qu’on interrogeait quelqu’un, on ne manquait pas l’occasion pour lui rappeler qu’il ne fallait pas avoir des visions sexistes” 

2) “Reality or Prejudices?”, un projet qui a su attirer plus d’un. Ses fondatrices en parlent: “Le concept de notre projet était assez simple: les personnes qui passaient devaient peindre la partie qu’ils trouvent la plus attirante et la plus importante chez la femme. Notre objectif initial était de connaître la vraie pensée des personnes à propos du corps de la femme. Il a bien été atteint puisque plusieurs personnes se sont prêtées au jeu et tout le monde a été sincère que ce soit pour peindre des parties assez ‘osées’ ou bien juste les mains par exemple. Cependant nous avons eu plusieurs réactions différentes: celle des élèves qui étaient plutôt contents de pouvoir nous peindre et dire enfin ce qu’ils pensaient sans craindre de retour -que ce soit des remarques ou des jugements-, celle des parents et des élèves qui au départ n’avaient pas envie de nous peindre car nous mettre dans cette situation leur faisait de la peine mais qui l’ont finalement fait en voyant que les autres ne se retenaient pas de le faire, ou encore celle des personnes qui n’osaient pas se lancer ou bien n’osaient pas dire ce qu’ils pensaient. Et nous avons eu beaucoup de personnes qui nous ont encouragées et nous félicitaient d’avoir osé se mettre dans cette situation. Notre performance a touché le public dans le sens où on a osé démontrer quelque chose qui est habituellement un sujet plutôt ‘tabou’ avec cette question à laquelle tout le monde pense mais n’en parle jamais.”

Ons Belhaj Miled
Ons Belhaj Miled

 

3) Punshing girl; un projet des plus originaux, initié par Abid Nahrawene, Bnouni Chaima, Jaouabi Yasmine, et Rabia Naha. Ces jeunes filles ont eu l’idée de présenter un buste de mannequin, sur lequel elles ont demandé aux passants d’agir en utilisant des pinceaux, de la peinture, des ciseaux, du scotch ou encore un marteau; Il fallait exprimer notre vision de la femme, à travers ce buste, en utilisant le matériel proposé.

Ons Belhaj Miled
Ons Belhaj Miled

 

“Au début, c’était tout blanc, tout intacte, et on voulait voir et tester la réaction des gens, c’est-à-dire, s’ils allaient être violents ou au contraire s’ils allaient faire quelque chose de doux au mannequin. Et, au début, il y avait des gens qui dessinaient des cœurs, qui habillaient le buste en dessinant dessus des bijoux... Mais, après, au fur et à mesure, ça devenait plus violent, et les gens ont commencé à utiliser les marteaux, les couteaux, etc... On a atteint notre objectif, dans le sens où on a démontré à quel point les gens sont violents, et on a, quand même pu agir sur eux en discutant avec eux, et en essayant de comprendre leurs réactions”. 

Ainsi, à travers cette journée, les jeunes ont appris beaucoup de choses, ont atteint leurs objectifs, se sont impliqués, et en ont surpris et étonné plus d’un, dont leurs encadrants; Mme. Thais Bravot Salihi, et Mr. Imed El Azhar, qui ont découvert en ces élèves des artistes, des jeunes engagés, et surtout des adolescents impliqués.

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