TUNISIE
30/03/2018 20h:52 CET | Actualisé 31/03/2018 01h:51 CET

Quand "Hikayat Al-Cinema" consacre un mois à la Tunisie

Un voyage à travers la Tunisie.

C’est sur les lieux du tournage de la première de la célèbre saga Star Wars, l’hôtel Sidi Driss dans la ville tunisienne de Matmata, que la chaine de variété arabe, Al Araby TV, a mis le cap pour faire le tournage d’un des 4 épisodes de son émission Hikayat Al-Cinema, (Littéralement “Histoires du cinéma” en Français.)

La chaîne compte consacrer tout un mois à la Tunisie, à travers 4 épisodes retraçant l’histoire du cinéma en Tunisie, qui ont été tournés dans plusieurs endroits symboles du cinéma international, mais aussi dans le centre-ville de Tunis, où tout un épisode a été aussi tourné. 

Hikayat Al-Cinemaqui se veut être une émission dédiée au public arabe, est comme son nom l’indique, une émission consacrée au septième art, qui s’est donnée pour mission de favoriser l’intérêt du public arabe au cinéma, comme l’affirme son producteur exécutif, Ibrahim Jacobi.

Produite par la boîte britannique Nostalgia Media gérée par le producteur égyptien Hany Beshr, l’émission est diffusée tous les mardis à 19h30 (Heure de Tunis) sur Al-Araby Tv.

Le Sud tunisien en premier plan

Ainsi, entre les collines et les reliefs abruptes de la ville de Matmata dans le sud tunisien, Al-Araby Tv a choisi l’hôtel Sidi Driss comme premier lieu de tournage dans la région, avant de visiter les villes de Tozeur et Djerba, pour le reste du tournage.

Sur une hauteur surplombant une partie de la ville de Matmata, l’hôtel Sidi Driss bâti selon le style architectural berbère, est devenu une destination pour les touristes venant contempler le lieu de tournage d’un des plus célèbres films de l’histoire.

Le charme dégagé par cet endroit caractérise toute la région de Matmata, avec les habitations troglodytes, ses maisons berbères construites dans le sol à l’image de grottes, ou encore creusés à même la roche, qui ne manquent pas de séduire ses visiteurs par la beauté de ses paysages, et l’authenticité de ses monuments.

Taieb Khouni
Vue d'habitations troglodytes, dans la ville de Toujène située à quelques kilomètres de Matmata.

Sidi Driss, qui a réussi à figer le temps en maintenant le même décor qui avait servi au tournage de Star Wars il y’a 40 ans, essaie aujourd’hui de faire revivre à ses visiteurs les coulisses du tournage de la saga. On voit ainsi les photos de l’équipe de Georges Lukas pendant le tournage, épinglées sur les vieux murs de l’entrée de l’hôtel, qui en a fait sa marque de fabrique.

Outre la promotion du tourisme tunisien, et des régions sudistes du pays, Hikayat Al-Cinema souhaite par ces épisodes mettre les projecteurs sur le cinéma tunisien, mais aussi international, choisissant en plus de la ville de Matmata, la région de Chott El-Gharsa (Ong El Jmal) à Tozeur, (Mos Espa pour les fans de Star Wars), qui avait accueilli le tournage de scènes du premier et quatrième épisode de la Saga, la ville djerbienne Ajim, lieu d’exil de Ben Kenobi, ou encore le centre-ville de Tunis. 

HuffPost Tunisie est allé accompagner l’équipe du tournage de Hikayat Al-Cinema, dans une ambiance pour le moins agréable. Le tournage était sous l’égide du producteur exécutif Ibrahim Jacobi, et les épisodes présentés par la journaliste et animatrice Radio et Télé tunisienne, Rim Saaidia.

Il avait débuté par une journée ensoleillée, dans les innombrables cours de l’hôtel Sid Driss, qui vous rappellent dans leurs moindres recoins la ferme des Lars, où avait vécu Luke Skywalker avec son oncle et sa tante.

La sensibilisation par la simplicité et la légèreté

L’émission, présentée en trois parties étalées sur 30 minutes, comprend une première partie dédiée à l’actualité qui passe en revue les nouveautés du Cinéma local, mais aussi international. S’en suit une deuxième partie consacrée à de petits reportages et micros-trottoirs de spectateurs, pour ensuite finir avec la partie documentaire, dans laquelle est traité le sujet principal de l’épisode, comme l’indique Rim Saaidia.

Ibrahim Jacobi, producteur exécutif de l’émission, la décrit quant à lui comme une émission de cinéma généraliste “légère” qui touche un peu à tout, du format “actualités” au format “documentaire”, en passant par des mini-reportages effectués généralement auprès de personnes du pays de tournage.

“Nous avons choisi de produire une émission destinée au grand-public, et non aux spécialistes, dans une optique de sensibilisation à l’importance du cinéma, avec tout ce qu’il englobe de valeurs, idées, et capacité à développer le côté relationnel des gens.” déclare Ibrahim

Selon lui, la culture cinématographique chez le public arabe n’est pas assez développée. Hikayat Al-Cinema essaye ainsi de tourner ses épisodes dans plusieurs villes du monde, afin de répandre le plus largement possible la culture du cinéma.

“Nous abordons tous les genres de films, qu’ils soient arabes, occidentaux, grand-public, indépendants, ou alternatifs. Nous proposons tout ce qui pourrait contribuer à la culture cinématographique de notre public cible”, ajoute Ibrahim

Galerie photo Tournage de "Hikayat Al-Cinema" en Tunisie Voyez les images

 

Rim Saaidia, une Tunisienne qui est avant tout passionnée de radio, a également animé des émissions pour la télévision tunisienne, mais il s’agit ici de sa première expérience dans une chaîne étrangère. Elle se livre au HuffPost Tunisie sur cette nouvelle expérience et sur ce à quoi l’émission Hikayat Al-Cinema aspire. 

Rim explique que l’émission ne s’intéresse pas seulement aux nouveautés, mais essaye également de mettre en avant des œuvres cinématographiques méconnues du public, datant parfois de plusieurs années, et ce toujours dans un souci d’étendre la culture du septième art dans le monde arabe.

“L’émission est ouverte à toutes les cultures et types de films. Qu’ils soient classiques, documentaires, ou encore dessins animés, tout y est abordé.” a-t-elle ajouté

La deuxième partie de l’émission pendant laquelle des micros-trottoirs de spectateurs à la sortie des salles sont généralement effectués, est parfois consacrée à interviewer des gens de la région, là ou des films sont produits, mais que ces personnes qui y contribuent n’ont généralement pas la possibilité de les regarder, faute de salle de cinéma ou d’établissements culturels.

“Ces gens travaillent dans le milieu du cinéma mais ne sont souvent pas en mesure de regarder ces films auxquels ils avaient participé. Leur témoignages nous apportent une idée sur l’écosystème économique créé dans la région par les productions cinématographiques.” explique Rim Saaidia.

La dernière partie de l’émission, prévue sous forme de documentaire, passe en revue l’histoire de cinéma du pays d’accueil, ainsi que les problèmes auxquels fait face l’industrie cinématographique de la région.

Pendant cette partie, des spécialistes locaux et internationaux du cinéma (producteurs, réalisateurs...) sont également interviewés, à l’instar de Amine Tazi, directeur des studios marocains Atlas Corporation Studios, le producteur tunisien Abdelaziz Ben Mlouka, le critique du cinéma allemand Daniel Kothenschulte, ou encore le président du Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand, Jean Claude Saurel. 

La Tunisie et le cinéma post-révolution

Quant aux épisodes tournés en Tunisie, ceux-ci seront diffusés tout au long du mois d’avril, à raison d’un épisode par semaine.

Ils aborderont le cinéma en Tunisie sous différents angles. Il y’aura ainsi un retour sur les productions internationales en Tunisie, pendant lequel des personnes ayant participé à ces productions sont interviewés, racontant leurs expériences, et surtout la transformation cinématographique post-révolution qu’avait connue la Tunisie.

Selon Rim Saaidia, ce changement a affecté beaucoup de passionnés de cinéma, qui ont non seulement vu leur gagne-pain menacé, mais avaient également exprimé leur frustration face au recul des productions cinématographiques internationales en Tunisie.

Le deuxième épisode qui a quant à lui été consacré au “cinéma de la révolution, s’est également penché sur la révolution tunisienne et ses répercussions sur le cinéma en Tunisie. 

“Après 2011, le cinéma a beaucoup changé en Tunisie, grâce à la liberté d’expression qui avait ouvert la voie à de nouveaux genres de productions. Les sujets tabous sont alors devenus plus présents.” a précisé Rim Saaidia, ajoutant que les quelques censures de films survenues après la révolution ont également été mentionnées durant les épisodes de Hikayat Al-Cinema.

Toujours dans le cinéma post-révolution, l’épisode s’est également penché sur les deux générations de cinéastes tunisiens, et l’influence qu’a pu avoir la révolution sur ces derniers.

Selon elle, la génération de cinéastes pré-révolution a en quelque sorte gardé les mêmes idées ainsi que la même vision du cinéma, tandis que les nouveaux jeunes cinéastes de l’après révolution ont adopté des sujets très différents, traitant de petites histoires comme les histoires du quotidien ou autres.

“Nous avons donc analysé l’évolution cinématographique post-révolutionnaire”

Le troisième épisode a de son côté traité l’histoire du cinéma tunisien, alors que le dernier épisode a été consacré à la culture cinématographique en Tunisie et les formations offertes dans ce cadre, pendant lequel des rencontres avec des étudiants en cinéma ainsi que des enseignants ont été effectuées.

Ces étudiants ont ainsi expliqué les raisons de leur choix du cinéma comme cursus académique, et la possibilité d’intégration professionnelle dans ce secteur.

Hikayat Al-Cinema a en l’espace de trois mois tourné dans cinq pays, à savoir la Tunisie, le Maroc, la Jordanie, la France, et l’Allemagne. “Notre prochaine destination sera le Royaume-Uni, et probablement la Chine ou Oman par la suite.”a ajouté Rim Saaidia.

La première de l’émission avait été diffusée le 1er février dernier, et passe chaque mardi à 19h30 (heure de Tunis) sur Al-Araby Tv.

La diffusion des quatre épisodes dédiés à la Tunisie débutera ce mardi 3 avril 2018.

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