TUNISIE
02/03/2019 14h:08 CET

Quand Donald Trump préfère croire les autres dirigeants plutôt que ses propres services

Le président américain a préféré se fier à Kim Jong Un, Vladimir Poutine et Mohammed Ben Salmane concernant quelques affaires sensibles.

 

INTERNATIONAL - Il est revenu sur toutes ses déclarations précédentes... Donald Trump l’a affirmé juste après sa deuxième rencontre avec Kim Jong Un à Hanoï: “Il m’a dit qu’il ne savait rien sur cette affaire et je vais le prendre au mot”.

L’affaire en question, c’est le décès d’un étudiant américain le 19 juin 2017. Otto Warmbier avait été fait prisonnier par la Corée du Nord en janvier 2016, lors d’un voyage, car il aurait tenté de dérober une affiche de propagande. Un délit passible d’emprisonnement. Au terme d’un procès typiquement nord-coréen, Otto Warmbier avait écopé de 15 ans de prison dans le régime totalitaire.

La diplomatie américaine avait tout tenté pour le faire libérer, jusqu’en juin 2017. L’étudiant avait été libéré et transféré aux États-Unis dans le coma. Il était mort quelques jours plus tard, et Donald Trump avait qualifié sa mort de “honte”.

Croire Kim Jong Un ou Poutine plutôt que ses services

Juste après le sommet avorté de Hanoï, Donald Trump a préféré croire en la parole de son “ami” Kim Jong Un, qui lui aurait assuré ne pas avoir eu connaissance des détails de cette histoire. Sauf que pour la justice américaine, la Corée du Nord est coupable. Pour un ancien ambassadeur américain aux Nations Unies, le leader suprême ne pouvait ignorer l’existence de cet otage très précieux.

 

Face aux critiques qu’a suscité sa remarque (en premier lieu de la part des parents d’Otto), le président américain a insisté dans deux tweets publiés vendredi soir pour dire qu’il “tenait la Corée du Nord pour responsable du mauvais traitement et de la mort d’Otto Warmbier”, sans toutefois mentionner Kim Jong Un.

“Ce n’est jamais agréable d’être mal compris, mais ça l’est encore moins quand il s’agit d’Otto Warmbier et de sa super famille. N’oubliez pas que j’ai fait sortir Otto de là, ainsi que trois autres étudiants. La précédente administration n’avait rien fait, alors qu’ils avaient été pris quand ils étaient aux commandes. Bien sûr que je tiens la Corée du Nord pour responsable...”

 

″... du mauvais traitement d’Otto et de sa mort. Plus important encore, Otto Warmbier n’est pas mort pour rien. Otto et sa famille sont devenus un immense symbole de la passion et de la force, et cela restera pour plusieurs années. J’aime Otto et je pense à lui souvent!”

 

Dans sa déclaration face à la presse, Donald Trump a totalement pris le contre-pied de ses services de renseignement, à la faveur d’un dirigeant totalitaire. Et ce n’est pas la première fois, comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article.

En 2018, lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine, le président américain avait balayé d’un revers de main les accusations d’ingérence russe dans la campagne présidentielle de 2016.

Quelques mois plus tard, c’est dans l’affaire de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi que Donald Trump s’est prononcé en faveur de Mohammed Ben Salmane, pourtant largement soupçonné par la CIA d’avoir commandité le meurtre.

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