TUNISIE
26/07/2019 10h:42 CET

Quand Béji Caid Essebsi était le personnage central d'une chanson de Hatem Karoui

"My name is Sebssi, and i'm so sexy".

En pleine campagne électorale pour les élections de 2014, le slammeur tunisien Hatem Karoui diffuse un clip sur Youtube, le 17 octobre. En quelques heures, celui-ci deviendra viral créant le buzz. Son titre? “My name is Sebssi” chanté avec Ayed Ghanem et Amel Cherif.

Le personnage central de la chanson? Béji Caid Essebsi alors leader du parti Nidaa Tounes et candidat à la présidentielle du 26 novembre.

Entre ironie et réalité, les paroles de la chanson deviennent des gimmick repris pendant la campagne. 

Au début de la chanson, Hatem Karoui chantait “ce phénomène né au début de l’humanité” en référence à son âge avancé.

Tout au long de la chanson les références aux commentaires de l’époque sur la candidature de Béji Caid Essebsi pleuvaient.

Hatem Karoui ironisait aussi sur la déclaration d’Essebsi dans laquelle il confiait que certaines personnes voulaient l’assassiner: “They wanna Kill him because he’s sexy, his name is Sebssi and he’s so sexy”.

Il enchaînait en reprenant les commentaires de certains internautes sur son état de santé qui se serait “largement dégradé”: “No alzheimer, no prostate, always sexy my name is Sebssi”.

Le chanteur ne s’arrête pas là. Il lâche un “I don’t cry, i want my korsi”, en référence au retour en force de Béji Caïd Essebsi sur le devant de la scène politique.

La chanson se terminait par un “Après ce que vous avez écouté, restera-t-il encore en vie?”.

La réponse sera un oui. Premier président de la République, élu au suffrage universel direct après la révolution, il aura été l’homme fort d’une transition démocratique souvent mise en danger. Durant près de 5 ans, il aura réussi à être l’homme du consensus malgré ses promesses électorales de ne pas collaborer avec le parti Ennahdha. 

Le président de la République Béji Caid Essebsi est décédé, jeudi 25 juillet, jour de la fête de la République, à l’âge de 92 ans après avoir été hospitalisé mercredi après-midi.

Il s’agissait de sa troisième hospitalisation en près d’un mois.

Le 27 juin dernier, il avait été placé à l’hôpital militaire après un “grave malaise” avant d’en sortir le 1er juillet et de signer l’appel aux urnes.

Sa dernière apparition médiatique a eu lieu le 22 juillet lors d’une rencontre avec le ministre de la Défense Abdelkrim Zbidi.

Conformément à la constitution, le président de l’Assemblée des représentants du peuple, Mohamed Ennaceur assurera l’intérim avec pour obligation d’organiser les élections dans un délai de 45 à 90 jours.

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