TUNISIE
05/03/2019 18h:25 CET

Puissance militaire : La Tunisie 80ème parmi 137 pays

L'armée tunisienne a reculé de deux positions par rapport à l'année dernière.

Zoubeir Souissi / Reuters

Le site américainGlobal FirePower (GFP) établit chaque année un classement des forces militaires de plus de 100 pays dans le monde. Une formule avancée lui permet de prendre en compte plus de 50 paramètres afin de définir le score, le classement d’un pays, ainsi qu’un système de bonus/pénalités qui lui permet d’affiner au mieux son classement.

Ainsi, selon son rapport pour l’année 2019, l’armée tunisienne arrive 80ème sur les 137 armées étudiées, reculant ainsi de deux positions par rapport à l’année dernière.

Les facteurs de base sont multiples, mais le plus important selon le classement GFP est le nombre de combattants dont dispose chaque pays.

D’après le classement, la Tunisie fait mieux que le Qatar (signataire en 2017 d’une vente d’avions de combat F-15 d’une valeur de 12 milliards de dollars américains avec les États-unis), Oman, le Koweït, le Bahreïn, le Liban, la Géorgie, la Nouvelle Zélande, ou encore l’Uruguay.

Les facteurs qui la pénalisent sévèrement sont l’absence totale d’armes comme les hélicoptères d’attaque, les lance-roquettes, les porte-avions, les sous-marins, et bien d’autres équipements lourds, sans oublier le déficit en ressources humaines avec un nombre total de militaires en service de 36 000 soldats, contre 50 150 en 2017, sur une population de 11 516 189 individus, dont 5 850 224 éligible ou apte à s’engager dans l’armée.

Avec 201 248 jeunes qui atteignent l’âge de l’engagement militaire chaque année, le nombre de soldats tunisiens reste loin des capacités réelles du pays, en termes de ressources humaines.

Quant au budget alloué à la défense, il s’élève à 550 millions de dollars américains, soit l’équivalent de 5% du budget consacré par l’Algérie, qui représente le plus gros importateur d’armes d’Afrique, selon un rapport de l’Institut national pour la paix de Stockholm (Sipri).

Sur le plan mondial, les États-unis figurent en tête du classement avec une large avance en matière de force aérienne et de budget consacré à la défense. Ils sont suivis de la Russie, la Chine, l’Inde, la France et le Japon.

Sur le plan africain, l’Égypte arrive en tête, suivie de l’Algérie qui recule dans le classement, l’Afrique du Sud, le Nigéria, et l’Éthiopie.

La Tunisie se classe 12ème en Afrique, précédée par la Zambie et la Libye, et suivie du Zimbabwe et du Kenya.

L’Arabie Saoudite qui a signé en 2017 des accords d’armement d’une valeur de 110 milliards de dollars américains, occupe la 25e place, reculant ainsi d’une position. Elle est précédée par la Pologne et suivie par la Thailande.

Depuis 2011, la Tunisie a augmenté son budget consacré à la défense. Le pays qui a fait face à plusieurs attentats terroristes, a reçu l’appui militaire de la France et des Etats-unis, qui lui ont notamment assuré la formation de ses forces armées dans le cadre de la lutte antiterroriste. Cette aide qui avait permis à la Tunisie d’acquérir de précieuses compétences en contre-terrorisme pourrait être revue à la baisse par les Etats-unis, suite aux coupes budgétaires demandées par le président Trump.

Les jeunes réticents à l’égard du service militaire

Dans le même contexte, Mahmoud Mzoughi, président de l’Association des anciens de l’armée nationale, a récemment estimé indispensable d’envisager des motivations pour inciter les jeunes à accomplir le service national

″Les jeunes évitent d’accomplir le service militaire, d’autant que les mécanismes d’exécution de la loi ne garantissent pas l’égalité entre tous les jeunes tunisiens”, avait-il déclaré à l’ARP.

Il a ainsi proposé d’envisager des motivations pécuniaires pour inciter les jeunes à s’acquitter volontairement de ce devoir qui, a-t-il dit, “ne doit pas s’apparenter à une sanction”.

Il a également indiqué que sur un total de 30 mille jeunes convoqués en 2017 pour accomplir le service militaire, seuls 500 se sont présentés volontairement.

Le ministère de la Défense nationale avait élaboré un nouveau projet de loi sur le service volontaire civique (SVCi) qui vise à faire face à la réticence des jeunes à l’égard du service national, jugeant nécessaire d’amender la loi n°2004-1 relative au service militaire, afin de faire face au désengagement quasi-total des jeunes envers ce devoir.

Le nouveau projet de loi maintient l’obligation d’accomplir le service national et prévoit la création d’un service militaire direct et d’un service civique contre l’annulation des affectations individuelles.

Selon le même projet, tout jeune qui se présente volontairement au service militaire aura la priorité de recrutement dans la fonction publique.

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