MAROC
13/06/2019 17h:01 CET

Protestant devant le ministère de la Santé, les opticiens annoncent un nouveau sit-in à Rabat

Retirer aux opticiens le droit de pratiquer la réfraction revient à amputer la profession de son “coeur battant”, martèlent-ils.

SANTÉ - “On est venu dire non, et on ne lâchera rien”, assure Mounir Ghissassi, vice-président du Syndicat professionnel national des opticiens du Maroc (SPNOM). Lui et plus d’une centaine de ses confrères étaient rassemblés hier devant le ministère de la santé pour faire entendre leur ras-le-bol. La raison? Un projet de loi, passé devant le parlement, visant à réformer leur profession et à leur ôter le droit de pratiquer la réfraction. Cet examen, effectué par l’ensemble des opticiens marocains, permet d’évaluer l’acuité visuelle du patient. “C’est un service vital que l’on rend gratuitement aux gens, notamment à ceux qui n’ont pas les moyens financiers d’aller chez l’ophtalmologiste ou à l’hôpital”, explique Batna Hosna, opticienne.

Or l’amendement autorisant les opticiens à pratiquer l’examen d’acuité visuelle a été enlevé du projet de loi au dernier moment par le ministre de la santé Anas Doukkali, sous la pression des ophtalmologistes, alors que le texte de loi avait déjà été validé par les deux chambres du parlement marocain. “En l’état, cette loi ne nous convient plus”, proteste Mounir Ghissassi, pour qui retirer aux opticiens le droit de pratiquer la réfraction revient à amputer la profession de son “coeur battant”.

“Supprimer cet article 6 dans le projet de loi 45.13 nous prive d’un de nos droits les plus fondamentaux. C’est un examen que nous sommes en droit d’exercer, comme le précise le Dahir du 04 octobre 1954, qui réglemente l’exercice de la profession d’opticien-lunetier. Tout, jusqu’à notre formation, nous permet de pratiquer cet examen. En faisant cela, le gouvernement et les ophtalmologistes cherchent à renvoyer notre profession 100 ans en arrière.”

Deux heures durant, les opticiens étaient donc réunis devant le ministère de la Santé, pour protester auprès des institutions et rejeter en bloc ce que tous ici décrivent comme une injustice.

Le vice-président du Syndicat professionnel national des opticiens du Maroc a par ailleurs déclaré que dès mercredi prochain les opticiens seraient de retour, cette fois-ci devant le ministère de l’Enseignement supérieur, pour faire pression auprès des responsables de formation. “Eux ne peuvent pas valider cet amendement, sinon c’est l’ensemble de la formation des opticiens qui est à revoir. Ce ministère doit être conscient que c’est un rôle essentiel que nous jouons auprès des citoyens marocains.”