MAROC
10/07/2015 09h:47 CET | Actualisé 10/07/2015 09h:47 CET

Prosélytisme, adultère, homosexualité... Qu'en pense Mustapha Ramid?

AFP

CODE PENAL - Mercredi 8 juillet, le groupe parlementaire du Parti authenticité et modernité (PAM) a organisé une rencontre sur le projet de code pénal. Dans une atmosphère plutôt sereine de l'avis des participants, le ministre de la Justice Mustapha Ramid, les députés de majorité et d'opposition et les représentants de différentes instances, dont le Conseil national des droits de l'homme (CNDH), ont émis leurs opinions quant à un certain nombre de dispositions contenues dans le nouveau code pénal, tout en commentant l'actualité. Mustapha Ramid pour sa part, a exprimé ses positions...

Pas d'accusation pour adultère sans flagrant délit ou aveu des accusés

"Je n'approuve pas l'arrestation récente d'un citoyen à Rabat, arrestation qui s'est faite après que la police est entrée dans son domicile", a déclaré Mustapha Ramid, en référence à l'affaire Hicham Mansouri, du nom du journaliste qui a été arrêté à son domicile le 17 mars 2015, et condamné à 10 mois de prison pour adultère. Le ministre de la Justice va plus loin, en déclarant que "la présence d'un homme et d'une femme sur un seul lit ne peut être considéré comme un crime dans la loi marocaine", et que "le fait qu'un homme et une femme (...) soient réunis dans un seul appartement constitue un dépassement moral, non un crime". Pour Ramid, la justice ne peut sévir contre les personnes accusées d'adultère que si "elle les surprend en flagrant délit, ou s'ils reconnaissent avoir commis l'adultère", et que "nul ne demande aux citoyens d'épier et de surveiller leurs voisins".

Droit à changer de religion

"Tout citoyen a le droit de choisir une religion autre que l'Islam", a souligné Ramid, qui a rappelé que le code pénal "ne prévoit pas de punition pour les citoyens ayant choisi de changer de religion". En revanche, "les lois punissent le prosélytisme, qui exploite les conditions sociales ou le fait que certains citoyens soient défavorisés pour les pousser à changer de religion".

Contre l'arrestation des deux femmes à Inezgane

"Je ne suis aucunement responsable de l'arrestation des deux jeunes femmes d'Inezgane",s'est défendu Ramid, qui a dit "ne pas être d'accord avec la décision de les poursuivre". Ce dernier a aussi expliqué ne pas pouvoir "interférer pour bloquer ou annuler une poursuite judiciaire", et que "si la justice m'avait consulté avant de procéder à la poursuite des deux jeunes femmes, j'aurais exprimé mon avis".

L'homosexualité ne pourra être autorisée

En réponse à l'avocat Abdelkabir Tabih, qui a demandé la dépénalisation de l'homosexualité dans le code pénal, Mustapha Ramid s'est montré catégorique: "l'homosexualité ne sera pas autorisée au Maroc. Je n'assumerai pas la responsabilité de l'avoir défendue ou légalisée devant Dieu". Le ministre de la Justice explique sa position par le fait que "les lois sont le miroir de la société", et que "le jour où les marocains seront prêts à accepter l'homosexualité," Ramid n'y verra aucun inconvénient.

Pas d'interdiction des fatwas non-officielles

Mustapha Ramid s'est soulevé contre la demande émanant du PAM d'interdire aux oulémas et aux religieux qui ne sont pas membres du Conseil supérieur des oulémas d'émettre des fatwas. Pour le ministre PJDiste, "le rôle des religieux, officiels ou non, est d'émettre des fatwas. Nul ne peut les empêcher de le faire". Il a, en revanche, souligné que "l'Etat ne prend en compte que les fatwas émises par le Conseil supérieur des oulémas".

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