MAROC
16/04/2019 17h:50 CET

Prolonger la grève ou reprendre le travail, les enseignants contractuels doivent trancher

Une décision devra être prise ce soir.

Youssef Boudlal / Reuters

ENSEIGNEMENT - Le dossier n’est pas clos. Les enseignants contractuels n’ont pas tous regagné leurs classes, hier, comme le souhaitait le gouvernement. A nos confrères de Hespress, le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saaïd Amzazi, a déclaré que le taux de reprise des enseignants cadres des Académies régionales d’éducation et de formation (AREF) s’est limité à 20% au niveau national, le 15 avril. 

Et pour cause, la coordination nationale des enseignants contractuels n’a pas encore renoncé à son mot d’ordre. Elle a reconduit sa grève les 15 et 16 avril après la réunion tenue au ministère de tutelle, samedi 13 avril. “Nous avons décidé de poursuivre la grève parce que le ministère ne nous a rien donné. Après sept semaines de protestations, nous ne pouvions pas reprendre sans acquis”, déclare au HuffPost Maroc Abdel Fattah Debaj, enseignant contractuel (promotion 2018) au primaire à Sidi Kacem (AREF Rabat-Salé-Kenitra), membre de la coordination nationale.

La réunion avec le ministère ne les a pas convaincus. Tenue suite à la médiation du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) et l’Observatoire national du système de l’Éducation et de la formation (ONEF), en présence des syndicats, cette réunion n’a pas porté, pour ces enseignants, sur leur grande préoccupation. “Le dialogue, pour nous, est fondé sur un seul principe, celui de l’intégration dans la fonction publique, c’est-à-dire, disposer de postes budgétaires centralisés, comme cela est le cas pour les directeurs des AREF, par exemple”, explique ce membre de la coordination. 

Ce “principe”, le ministère n’a pas souhaité l’inclure à l’ordre du jour de ce dialogue. “Ils ont justifié cela par l’absence du ministre qui était en déplacement pour une activité à Béni Mellal. Mais dans son communiqué, le ministère est revenu sur ce qui avait été convenu en annonçant qu’il y aurait une étude de la situation des enseignants révoqués et non pas leur retour sans condition”, précise Abdel Fattah Debaj. Autre élément qui dérange la coordination dans ce communiqué: “le report de l’examen de qualification professionnelle à une date ultérieure afin de permettre aux enseignants cadres des AREF de bien s’y préparer”. “Or, pour nous, il devait y avoir plutôt une suspension de cet examen, le temps de désamorcer la crise”, affirme-t-il.

Au lendemain de ce communiqué, la coordination estimant avoir été prise de court, a publié le sien. Elle en a fait un appel aux enseignants contractuels pour la concertation en les invitant à tenir des rassemblements au niveau régional et local durant ces 48 heures et "à poursuivre le combat jusqu’à qu’à ce que l’ensemble des enseignants contraints à signer un contrat soient intégrés et que tous les révoqués soient repris”. La coordination cherche ainsi à unifier ses rangs marqués désormais par une scission entre ceux qui veulent continuer les protestations et ceux qui n’en veulent plus. “Le conseil national qui se tiendra, ce soir à Marrakech, devra trancher”, assure ce membre de la coordination.