MAROC
16/05/2019 12h:19 CET | Actualisé 16/05/2019 12h:32 CET

EXCLUSIF- Procès du meurtre d'Imlil: La partie civile compte poursuivre l'État

"Une première dans les annales de la justice marocaine”.

HuffPost Maroc

PROCÈS - Nouvel élément dans le procès du meurtre des deux touristes scandinaves à Imlil. Après une première audience, qui s’est tenue le 2 mai à la Chambre criminelle chargée des affaires terroristes de Salé, une deuxième se tient aujourd’hui, jeudi 16 mai, à midi dans ce même tribunal. “Nous allons présenter une nouvelle requête dans laquelle nous engagerons la responsabilité de l’État”, révèle au HuffPost Maroc l’avocat de la partie civile Khalid El Fataoui, qui représente la famille de Louisa Vesterager Jespersen, la jeune touriste danoise de 24 ans qui a été tuée, le 17 décembre dernier à Imlil, avec son amie norvégienne Maren Ueland, 28 ans.

Selon cet avocat exerçant au barreau de Marrakech, la partie civile tient ”à faire reconnaître juridiquement la responsabilité de l’État en assignant à ce procès le chef du gouvernement en tant que représentant”. Une décision que Me El Fataoui justifie par le rôle et la responsabilité de l’État “d’assurer la protection de ses citoyens et des touristes qui se trouve sur son territoire”. “Nous évoquerons pour cela les engagements constitutionnels de l’État ainsi que les conventions internationales qui le montrent”, affirme-t-il, soulignant la conviction de la partie civile, qu’il représente auprès d’un groupe d’avocats, que sa demande d’être indemnisée par les actuels accusés ne risque pas d’aboutir. “Les familles des victimes ont subi de graves préjudices suite à ce drame. Les accusés n’ont pas la possibilité de les indemniser et c’est aussi pour cela qu’elles estiment nécessaire de poursuivre l’État”, explique-t-il.

Une première

Un rebondissement de taille, Me El Fataoui parle “d’une première dans les annales de la justice marocaine”, précisant qu’au cours de cette nouvelle audience, il compte demander au juge un report pour qu’il puisse déposer cette requête. Ce sera au juge, ensuite, de statuer dessus.

La demande d’indemnité que cet avocat nous avait déjà annoncée au cours de la première audience ne comporte pas d’estimation. “Il y a un chiffre, certes, mais la famille ne l’a pas encore rendu public, pour le moment”, confie-t-il.

À l’ouverture du procès, les 24 accusés, dont un étranger, l’hispano-suisse  Kevin Z.G., ont comparu dans un box en verre. Les 23 accusés marocains, dans leur majorité, portaient une barbe et étaient vêtus d’un qamis et d’un kufi. Quant à l’hispano-suisse, il était rasé de près et vêtu d’une tenue de sport. Sa mère et sa femme marocaine étaient venues assister à l’audience. Les familles des victimes, elles, n’ont pas fait le déplacement. 

À cette première audience, les accusés ont été appelés à confirmer leur identité et à faire appel à un avocat si cela leur est possible. Pour la majorité d’entre eux, ils ont eu droit à un avocat commis d’office.  Ce jeudi, ils devront être auditionnés, selon l’avocate au barreau de Rabat Hafida Maksaoui, avocate commis d’office dans ce procès dans lequel elle représente une dizaine d’accusés, dont Abdessamad E.J. tenu pour principal instigateur du crime d’Imlil.

Pour rappel, les 24 accusés sont poursuivis pour “constitution d’une bande en vue de préparer et commettre des actes terroristes visant à porter gravement atteinte à la sûreté de l’État, l’aide préméditée à des auteurs d’actes terroristes, l’entraînement de personnes en vue de rejoindre une organisation terroriste et apologie du terrorisme”.