MAROC
03/07/2018 11h:04 CET

Procès du Hirak: Nasser Zefzafi ne pense pas faire appel selon son père

Le père du leader du Hirak s'est exprimé.

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JUSTICE - Nasser Zefzafi ne devrait pas faire appel de sa condamnation à 20 ans de prison, prononcée la semaine dernière par la chambre criminelle de la cour d’appel de Casablanca.

Selon le père du leader du Hirak, le mouvement de contestation né dans le Rif en octobre 2016, Nasser Zafzafi n’a pas l’intention d’interjeter appel de la peine parce qu’il ne fait pas confiance à la justice marocaine, a assuré Ahmed Zefzafi dans un entretien téléphonique avec l’agence de presse espagnole EFE.

“Nous devons savoir que cette affaire n’est pas entre les mains de la justice. La justice ne peut rien faire tant qu’elle n’a pas reçu des instructions par téléphone”, a estimé Ahmed Zefzafi, retraité de 75 ans, très pessimiste quant à l’avenir de son fils et des 52 autres Rifains condamnés à différentes peines de prison dans le même procès, souligne le même source. “Les activistes resteront en prison”, a-t-il affirmé.

Quant à savoir si son fils pourrait bénéficier d’une grâce royale lors de la prochaine Fête du Trône, comme l’ont supposé certains médias depuis l’annonce du verdict, Ahmed Zefzafi rejette catégoriquement cette idée, rapporte EFE. “Si mon fils ne fait même pas appel de la sentence, comment va-t-il demander une grâce?”, indique-t-il. Il n’exclut cependant pas que certains des condamnés puissent le faire individuellement.

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Le père de Nasser Zefzafi, Ahmed Zefzafi, devant la prison de Oukacha à Casablanca après avoir rendu visite à son fils, le 18 octobre 2017.

Ahmed Zefzafi, médiatisé depuis l’arrestation de son fils en mai 2017 à Al Hoceima, a par ailleurs salué “la grande solidarité” manifestée par une partie des Marocains qui ont été nombreux à condamner la sévérité des peines, donnant lieu à des manifestations de soutien dans plusieurs villes, dont Rabat et Casablanca.

Concernant la réaction de la classe politique, qui a également critiqué le verdict, Ahmed Zefzafi a déclaré “ne pas les prendre au sérieux” car ce sont des réactions visant à “accumuler des voix électorales” sans chercher de solution. 

Quatre jours après le verdict prononcé à l’encontre des détenus du Hirak, les six partis de la majorité avaient souhaité, dans un communiqué, tout en soulignant le respect de “l’indépendance de la justice”, que les accusés exercent leur droit de faire appel, ce qui pourrait donner à leurs familles “l’espoir d’une révision de ces condamnations”.

Le père de Zefzafi a enfin critiqué le silence des principaux pays alliés du Maroc face aux événements du Rif: “C’est comme si la France, l’Espagne et les Etats-Unis avaient un accord (avec le Maroc, ndlr) pour nous donner des coups de bâton”. “Nous (les rifains) sommes sortis du rang et ils nous haïssent pour cela. J’espère seulement que la mort nous emportera sans que nous ayons changé”, conclut-il.