MAROC
26/03/2019 12h:12 CET

Procès du Hirak: Le verdict en appel pourrait être prononcé aujourd'hui

Épilogue attendu cette semaine.

AFP Contributor via Getty Images

HIRAK - Le verdict est attendu cette semaine. Le procès en appel des détenus du Hirak et du journaliste Hamid El Mahdaoui joint au même dossier pourrait bien connaitre un épilogue ce mardi 26 mars. À la Chambre criminelle près la cour d’appel de Casablanca, les avocats sont dans l’expectative. “Tout dépend du temps que prendront les plaidoiries. Aujourd’hui, la défense de Hamid El Mahdaoui poursuivra la sienne. C’est la seule défense qui prend la parole, car celle des détenus du Hirak observe le silence à la demande de ces derniers”, déclare au HuffPost Maroc l’avocat Abdelkarim Elmoussaoui, membre du collectif de défense des détenus du Hirak. 

Muette, la défense l’a aussi été à la fin du procès en première instance dont l’énoncé du verdict a eu lieu le 26 juin 2018. Les 53 détenus du Hirak ont écopé de peines allant de 20 ans de prison ferme à un an de prison avec sursis.  Nasser Zefzafi, Nabil Ahamjik, Ouassim Boustati et Samir Ighid ont été condamnés à la peine la plus lourde. 

“Il se peut qu’à la fin de l’audience d’aujourd’hui, le verdict en appel soit prononcé si les plaidoiries s’achèvent et que la parole de la fin soit accordée aux accusés comme il est de coutume”, explique cet avocat. Probable mais pas sûr, c’est aussi l’annonce faite par le coordinateur de la défense de ces détenus, l’avocat Mohamed Aghnaj sur sa page Facebook. “Aujourd’hui, rendez-vous avec la dernière audience, très probablement, de ce dossier des détenus du Hirak du Rif devant la Chambre criminelle d’appel à Casablanca. Les plaidoiries de la défense arriveront à terme”, écrit-il.

Mais dans le cas où le tribunal déciderait d’un report des plaidoiries ou de la prise de parole des accusés, le verdict serait donc attendu à la séance suivante programmée pour le vendredi 29 mars, selon Me Elmoussaoui. 

Les familles veulent s’accrocher à l’espoir quant à l’issue de ce procès en appel. Mohamed Ahamjik a publié la photo de son frère Nabil Ahamjik sur sa page Facebook, quelques jours avant cette nouvelle audience avec pour légende: “Nous nous accrocherons à l’espoir malgré la grande injustice qui nous habite et nous continuerons à croire en notre innocence tant que nous serons en vie”.  

Ce nouveau procès en appel, qui s’est ouvert le 14 novembre 2018, a connu presque le même déroulement que le précédent. Le climat de tension a surtout accompagné les premières audiences durant lesquelles le débat sur le box vitré avait refait surface. Les détenus refusaient de comparaître à l’intérieur de ce box mais dans la salle d’audience, d’après une déclaration que nous avait donnée alors Me Aghnaj. Et pour cause, les vitres étaient en partie opaques et ne permettaient pas aux accusés de voir l’assistance, leurs proches et familles en l’occurrence venus assister au procès. 

Les détenus avaient, par la suite, boycotté les audiences demandant à leurs avocats de ne plus plaider pour eux, à l’instar de ce qu’ils avaient fait à la première instance.   

Pour ces détenus, le recours à l’appel n’était pas nourri par l’espoir d’être libérés. Le père de Nasser Zefzafi, Ahmed Zefzafi, avait même annoncé en juillet dernier que son fils n’avait pas l’intention d’interjeter appel de la peine “parce qu’il ne fait pas confiance à la justice marocaine”, dans un entretien téléphonique avec l’agence de presse espagnole EFE. Et d’ajouter :“Nous devons savoir que cette affaire n’est pas entre les mains de la justice. La justice ne peut rien faire tant qu’elle n’a pas reçu des instructions par téléphone”, avait alors estimé Ahmed Zefzafi.

À l’ouverture du procès en appel, Amnesty International avait appelé à ce que “justice soit rendue” au travers d’un procès équitable, un “droit bien établi en droit international”. Les autorités judiciaires marocaines “doivent veiller à ce que le procès en appel ne se résume pas à un nouveau simulacre de justice émaillé de plaintes pour torture et autres violations du droit à un procès équitable. Elles doivent montrer qu’elles sont déterminées à rendre justice”, avait alors souligné l’ONG.