MAROC
31/05/2019 14h:06 CET

Procès d'Imlil: Trois suspects avouent le meurtre des touristes scandinaves

Lors d'une audience à Salé, jeudi, ils ont admis avoir attaqué et décapité les deux jeunes femmes.

- via Getty Images
L'un des 24 accusés, pris en photo lors de l'audience à Salé du 2 mai 2019.

JUSTICE - Lors du procès du meurtre d’Imlil qui a coûté la vie à deux touristes scandinaves, Louisa Vesterager Jespersen et Maren Ueland, au sud de Marrakech en décembre dernier, trois hommes suspecté d’avoir assassiné les jeunes filles ont avoué ce jeudi leurs crimes devant la Chambre criminelle chargée des affaires terroristes à Salé. Reporté au 13 juin, le procès poursuivra  l’audition de l’ensemble des 24 accusés, dont un étranger, l’Hispano-suisse Kevin Z.G.

Durant la brève audience organisée à Salé, Abdessamad Ejjoud et Youness Ouaziyad ont admis avoir attaqué et décapité les deux jeunes femmes, selon l’AFP. Un troisième suspect, Rachid Afatti, dit avoir effectué l’enregistrement des meurtres. “J’en ai décapité une (...), je regrette”, a déclaré Abdessamad Eijoud. “Ouaziyad a tué l’autre” fille, a-t-il ajouté, d’après la même source. “Nous aimions l’EI et nous priions Dieu pour lui”. 

Parmi les cinq accusés auditionnés au cours de cette audience, Abdessamad Eijoud est tenu pour principal instigateur du crime d’Imlil. Il serait l’émir de la cellule terroriste qui a commandité ce crime, d’après le profil dressé par le Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ) lors de son arrestation, et serait l’orateur dans la vidéo tournée une semaine avant le meurtre, où quatre suspects prêtent allégeance à Daech, précise l’AFP. 

Le trio a filmé la décapitation d’une des deux victimes et diffusé les images sur les réseaux sociaux. Une autre vidéo publiée dans la foulée montre leur serment d’allégeance à l’EI, aux côtés d’un quatrième prévenu Abderrahim Khayali, qui les avait accompagnés dans le Haut-Atlas mais les avait quittés avant l’agression des deux touristes.

Malgré la vidéo d’allégeance, les quatre principaux suspects n’avaient eu aucun contact direct avec les membres de Daech, ni en Syrie, ni en Irak, ni en Libye, avait souligné le chef du BCIJ. “Nous avons affaire à une idéologie véhiculée par les organisations terroristes. Les moyens technologiques aident à diffuser cette idéologie et n’importe qui sous l’influence de cette idéologie peut passer à l’acte”, avait-il déclaré dans un entretien à l’AFP.

Il était notamment revenu sur la précarité d’Abdessamad Ejjoud (marchand ambulant), Abderrahim Khayali, (plombier,) Younes Ouaziyad, (menuisier) et Rachid Afatti (marchand ambulant), pour expliquer “ce crédo jihadiste”. “Les origines de cet extrémisme doivent être combattues, à savoir la précarité, l’analphabétisme et l’ignorance”, avait plaidé le patron du BCIJ.