ALGÉRIE
20/04/2015 04h:40 CET | Actualisé 20/04/2015 04h:40 CET

Avec la "dé-constitution" de la défense, le procès de "l'affaire Autoroute Est-Ouest" est dans l'impasse

Le procès de l’affaire "Autoroute Est-Ouest", ouvert dimanche 19 avril 2015 a été marqué par une offensive de la défense qui a demandé au juge de déclarer la nullité du rapport du DRS (renseignements militaires), accusé d’avoir extorqué à l’homme d’affaire Chani Mdjoub des aveux sous la torture.

Le procès de l’affaire de l’autoroute Est-Ouest, ouvert dimanche à Alger, est arrivé à une impasse. L’audience est suspendue jusqu’à dimanche prochain. Le juge Tayeb Hellali aurait décidé la suspension de l’audience "la mort dans l’âme" selon Me William Bourdon, avocat de Chani Medjoub - l’homme d’affaires qui a joué un rôle de facilitateur dans la conclusion du contrat pour cette gigantesque infrastructure - parce qu’il n’avait pas le choix face à la détermination de son client.

Les avocats de cet accusé se sont "déconstitués" avant que le Tribunal criminel ne se constitue et Chani Medjoub a refusé qu’on lui désigne un avocat d’office. "Un mur infranchissable", selon les termes du juge.

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Dans ce bras de fer engagé par les avocats de Chani Medjoub, le juge aurait un autre choix selon Me Bourdon, celui de statuer favorablement sur leur requête lui demandant de prononcer la nullité du rapport de la police judiciaire (DRS, renseignements militaires) auquel s’est référée l’instruction.

La semaine prochaine, "avec ou sans avocat"

Les avocats, tout comme Chani Medjoub, ont campé sur leurs position. Pas question, assènent-t-ils, que les aveux que lui ont extorqués les officiers du DRS sous la torture soient le moteur de jugement ! La proposition du juge de renvoyer leurs arguments au débat de fond, une fois le tribunal constitué, était loin de les satisfaire.

Me Khaled Bourayou, pour qui la décision du juge de suspendre l’audience est "sage", pense que "Chani a montré une forte personnalité et qu’il va se battre jusqu’au bout". "Chani a fait un plaidoyer qui a ému tout le monde Je pense que tout va rentrer dans l’ordre d’ici dimanche", a-t-il prédit.

Un peu déstabilisé au début par le juge Hellali qui lui avait signifié de plaider en arabe, Me Bourdon a néanmoins gardé sa verve face aux médias à la sortie de l’audience. "Le juge voulait écarter les faits liés à la torture mais cela aurait constitué une pré-décision de ce qui va être le verdict final", a estimé Me Bourdon. Son collègue Amine Sidhoum, lui, a déclaré que cette suspension était destinée à "apaiser les tensions".

En interpellant Chani Medjoub sur un ton nonchalant, après avoir prononcé la suspension de l’audience, pour lui dire qu’il sera jugé la semaine prochaine "avec ou sans avocat", le juge Tayeb Hellali aurait exprimé sa détermination à ne pas céder à la pression des avocats. La semaine prochaine révélera qui aura le dernier mot dans ce bras de fer qui pourrait déboucher sur la même impasse.

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