MAROC
18/10/2018 17h:49 CET | Actualisé 19/10/2018 11h:36 CET

Prix du carburant: Le gouvernement n'a toujours pas fixé de plafond

Pendant ce temps, les prix sont en augmentation constante.

Chef du gouvernement/Facebook

HYDROCARBURES - “Nous savons que le pouvoir d’achat nécessite un appui. Nous l’avons prévu”. Cette déclaration du chef du gouvernement aux députés de la 2ème Chambre du Parlement au cours de la séance mensuelle consacrée à la politique publique, date du 15 mai dernier. Saad-Eddine El Othmani avait alors annoncé, entre autres, avoir constitué un groupe de travail dont la mission est de se pencher sur les prix des produits de grande consommation. Reconnaissant que “la libéralisation des prix des hydrocarbures, il y a trois ans, a soulevé des problèmes”, El Othmani avait précisé que son gouvernement allait trouver “des équations” en faveur du consommateur et dans le respect des engagements pris vis-à-vis des sociétés d’hydrocarbure et fixant, notamment, un plafond.

Cinq mois plus tard, le gouvernement n’a pas encore réussi à résoudre “les équations”, pour reprendre l’expression utilisée alors par Saad-Eddine El Othmani, ni à fixer le plafond des prix des hydrocarbures en constante augmentation aujourd’hui. C’est le porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, Mustapha El Khalfi, qui l’affirme, ce jeudi, lors du point de presse hebdomadaire tenu à l’issue du conseil de gouvernement. Interpellé à ce propos par les médias présents, il annonce que le ministère délégué chargé des Affaires générales et de la Gouvernance et la présidence du gouvernement travaillent encore sur ce chantier. 

Le porte-parole du gouvernement n’a pas donné plus de détails ni sur la teneur de cette réforme, ni sur les délais qu’elle devrait encore prendre. Le gouvernement qui avait acté le 1er décembre la libéralisation du marché des hydrocarbures, et complètement décompensé le prix dès janvier 2016, avait estimé que l’impact serait favorable aux consommateurs. Le ministre de l’Énergie de l’époque, Abdelkader Amara, se montrait convaincu que la concurrence fera baisser les prix, mais ce pronostic s’est avéré faux.

Un rapport parlementaire avait dévoilé, au début de cette année, que les distributeurs des hydrocarbures avaient réalisé des recettes estimées à 14 milliards de dirhams depuis la libéralisation du secteur. Ce que les parlementaires ont qualifié de “scandaleux”.

Les consommateurs, de leur côté, ont mené depuis le mois d’avril dernier une campagne de boycott massive visant trois sociétés, dont l’une d’elles est justement un des distributeurs majoritaires des hydrocarbures.