MAROC
01/04/2018 18h:14 CET

La coalition "Printemps de l'égalité" appelle le gouvernement à protéger les femmes dans l'espace public

La coalition attire l’attention sur la nécessité de protéger la vie privée des victimes.

Anadolu Agency via Getty Images

DROITS DES FEMMES - “Il n’y a pas de protection pour les femmes ni dans l’espace public ni dans l’espace privé”. Elles se sont insurgées contre les violences à l’égard des femmes. Les associations que regroupe la coalition “Printemps de l’égalité” ont réagi avec virulence aux vidéos montrant, ces derniers jours, des femmes faisant l’objet de violences, partagées sur les réseaux sociaux.

Dans un communiqué que cette coalition a publié, ce dimanche, elle exprime indignation et colère. “Ils se sont contentés de filmer sans prendre la peine d’intervenir pour sauver la victime”, constate amèrement la coalition assimilant, dans ces cas, la violence à l’égard des femmes à “du simple spectacle”. 

Faisant référence plus précisément à la vidéo de la tentative de viol contre une mineur et à celle montrant une femme agressée par son mari dans la rue, partagées au cours de cette semaine sur les réseaux sociaux, cette coalition met en garde contre l’ampleur du fléau de la violence visant les femmes. Et de rappeler que, selon les données officielles, 55% des violences contre les femmes ont lieu dans l’espace public. 

Un chiffre qui, au “Printemps de l’égalité”, ne laisse aucun doute sur l’urgence de tirer la sonnette d’alarme, de réagir. La coalition estime que le gouvernement du Maroc ne doit plus traiter cette question à certaines occasions, mais d’y accorder la priorité en tant que phénomène social quotidien. Sanctionner sévèrement les responsables des agressions semble être, pour la coalition, une des premières résolutions que le gouvernement doit prendre pour lutter efficacement contre les violences faites aux femmes. “L’Etat est responsable de la protection des femmes et des filles et de criminaliser toutes les formes de violences dont elles font l’objet. Il doit leur assurer la sécurité et la sûreté dans l’espace public”, soutient-elle. 

Et cette protection doit passer également par un cadre juridique plus approprié à l’état des lieux. “Nous appelons à l’ouverture de toute urgence du chantier de réforme profonde et générale du code pénal afin de le mettre en adéquation avec les législations internationales et les engagements pris par le Maroc dans le domaine”, lance le “Printemps de l’égalité”. Et d’estimer que la loi contre les violences à l’égard des femmes votée récemment “ne peut dissuader les auteurs” et risque même “de renforcer l’impunité”.

Au volet législatif toujours, la coalition attire l’attention, par ailleurs, sur la nécessité de protéger la vie privée des victimes par “la mise en oeuvre de la loi relative au droit à l’image”. Et pour cause, le “Printemps de l’égalité” constate que certains sites électroniques utilisent justement la vie privée des victimes leur portant ainsi atteinte.  

A cela s’ajoutent, ce que la coalition appelle “des discours obscurantistes faisant porter la responsabilité des agressions sur les victimes au lieu de leurs auteurs”. 

Pour le “Printemps de l’égalité”, ce dont les victimes ont véritablement besoin, c’est d’une solidarité indéfectible pour dépasser le traumatisme de l’agression et revendiquer “leur droit à la justice”.

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