ALGÉRIE
21/02/2019 15h:05 CET

Présidentielle du 18 avril: L’opposition divisée

Facebook/HmsDz

L’opposition a une nouvelle fois démontrée son incapacité à trouver un accord sur un candidat du consensus, lors du mini-sommet qui les a réunis au siège du parti islamique Al Adala à Alger. 

A l’issue d’une rencontre où chacun a campé sur ses positions, les responsables de l’opposition se sont quittés sans se mettre d’accord sur une stratégie commune.

“Le débat entre les leaders de l’opposition était riche et s’est déroulé dans une atmosphère de calme et de prise de conscience de la gravité de la situation que traverse le pays à la lumière de l’ébullition de la rue” a déclaré à l’issue de la rencontre le président du Madjliss Echoura du FJD, Lakhdar Benkhelaf à TSA et a rappelé que: “Toutes les options sont sur la table y compris un éventuel retrait collectif de l’opposition de la prochaine élection”.

En réalité, même cette option est loin de faire l’unanimité au sein de l’opposition. Le MSP de Abderrezak Makri ne veut pas en entendre parler au moment où le leader islamiste se sent pousser des ailes et veut faire payer ceux au sein du pouvoir qui lui ont promis d’appuyer son idée de report de la présidentielle, avant de se raviser et lancer la campagne pour un 5ème mandat.

Dans cette optique, le MSP s’est armé d’un programme alternatif, intitulé le “rêve algérien” Un ensemble de propositions qui brassent tous les secteurs d’activités et offre un ensemble de solutions. “Si nous sommes élus, nous veillerons à mettre en application les normes universelles de la bonne gouvernance à commencer par l’instauration d’un système basé sur la légitimité, la transparence et la séparation des pouvoirs. Une commission nationale travaillera pour traduire sur le terrain ce qui a été décidé dans le débat sur le consensus national.

Après, nous allons créer un gouvernement d’entente nationale qui engagera la révision de la Constitution et la création d’une Commission nationale indépendante pour la surveillance des élections pour en finir avec la fraude. Le nom du chef du gouvernement est dans ma tête. Il ne sera pas du MSP. C’est une personnalité nationale intègre capable de mener les dossiers économiques”, a annoncé le candidat.

“Le MSP n’acceptera de signer pour un candidat de consensus, uniquement si ce candidat est notre leader”, déclare un membre du cercle du leader du MSP.

Le nouvel échec de l’opposition à s’entendre est-il une surprise ? Non tant les antagonismes et les calculs personnels l’empêchent  à se regrouper autour d’un projet commun. Déjà en 2014, et alors que celle-ci se retrouvaient autour d’une table pour la conférence de Mazafran, les ambitions personnelles avaient fait capoter le projet d’union.

Les échéances électorales et les pressions des militants avaient poussé les islamistes du MSP, principale force politique de l’opposition, à lâcher la conférence  pour prendre part aux législatives, provoquant une passe d’arme avec Soufiane Djilali de Jil Jadid, les accusant d’avoir vendu l’opposition à un prix symbolique et d’avoir enterré la plateforme de Mazafran.

Alors que jamais le pouvoir n’a semblé si fragilisé par l’annonce de la candidature d’un président absent, malade, qui est devenu la risée sur les réseaux sociaux et les programmes satiriques des chaînes étrangères, l’opposition n’a pas su saisir sa chance et pousser le régime au compromis.