07/05/2018 08h:20 CET | Actualisé 07/05/2018 08h:20 CET

Présidence de la CGEM: une "troisième voie" est-elle possible?

Invités à se prononcer sur celui qui présidera le patronat, les adhérents de la CGEM se sentent pris entre le marteau et l'enclume.

AIC Press/Getty Images

PATRONAT - Pour la première fois depuis près de 30 ans, la bataille pour diriger la très influente confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) s’annonce serrée, rompant avec une longue tradition de quasi-cooptation et de consensus de l’institution autour de son leader. D’un côté, la candidature de Salaheddine Mezouar est perçue par une frange des patrons comme une intrusion “inacceptable” du politique dans leur maison, bien que le principal intéressé clame son indépendance. De l’autre, la candidature de Hakim Marrakchi ne semble pas enthousiasmer les foules, bien que ce dernier déploie beaucoup d’énergie dans sa campagne. Dans ce contexte, existe-t-il une alternative crédible aux deux candidats déclarés? Certains le pensent et y travaillent…

Un nombre grandissant de voix influentes au sein de la CGEM estiment en effet que le futur patron, que ce soit Mezouar ou Marrakchi, aura du mal à obtenir un soutien franc et massif de la part des adhérents, et craignent ainsi que le futur “patron des patrons” ne soit fragilisé dès son début de mandat. Or, pointe ce patron d’une grande entreprise, “il est difficile de piloter un vaisseau tel que la CGEM, avec ses barons, ses courants et ses milles querelles par mois, sans avoir une autorité bien assise. Si c’est Mezouar, il fera les frais de l’aversion de certains patrons pour sa casquette politique, surtout dans un contexte ou le patron du RNI, Aziz Akhannouch, est dans l’œil du cyclone à cause de la campagne de boycott. Marrakchi, bien qu’apolitique, aura quant à lui beaucoup de mal à entrer dans le costume taillé par Miriem Bensalah-Chaqroune.”

Entre le marteau et l’enclume?

Et ce sentiment d’être pris en tenaille semble caractériser de manière assez fidèle le sentiment qui prédomine chez les adhérents de la CGEM contactés par le HuffPost Maroc, et ce malgré les opérations séduction des deux candidats, qui ont multiplié les rencontres depuis leur entrée en campagne. Pour tenter de sortir de cette situation, certains d’entre eux émettent ainsi depuis quelques jours l’hypothèse d’une “troisième voie”, qui permettrait de rebattre les cartes et de voir une nouvelle candidature émerger, qui serait beaucoup plus rassembleuse.

Or, l’examen des statuts de la CGEM en l’état semble infirmer la faisabilité de cette solution. En effet, la position intransigeante de Miriem Bensalah-Chaqroune -qui a balayé d’un revers de la main toute possibilité d’envisager un troisième mandat même si le texte qui régit l’institution était amendé- ne laisse plus qu’une seule option: que les deux candidats actuels se retirent de la course de leur propre chef. 

“Si tel était le cas, la CGEM serait alors dans l’obligation d’organiser de nouvelles élections dans un délai assez court, et de nouveaux candidats en plus de Mezouar et Marrakchi pourraient se présenter, ce qui ouvre le champ des possibles…”, nous confie l’une de nos sources, estimant qu’il s’agirait là d’un “scénario idéal”. Un scénario qui toutefois implique que les deux adversaires actuels fassent preuve d’“un sens du sacrifice que l’on ne connaît ni à l’un, ni à l’autre”, conclut notre source.