MAROC
13/06/2019 11h:24 CET

Près d'un jeune marocain sur cinq a abandonné l'école

Parmi les principales raisons de la déscolarisation: la pauvreté.

kjschraa via Getty Images

ÉDUCATION - 19,8% des Marocains âgés de 6 à 22 ans, soit près d’un jeune sur cinq, ont quitté l’école avant l’heure. C’est l’un des résultats d’une étude menée par le Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS) auprès de 3.000 ménages marocains répartis dans toutes les régions du Maroc sur leur rapport au système éducatif et dont les conclusions ont été présentées mercredi 12 juin à Rabat.

Ces jeunes déscolarisés, qui ont accédé à l’école mais l’ont abandonnée sans obtenir de diplôme ou de certification, sont plus nombreux dans le milieu rural qu’urbain. 23,9% des élèves ruraux ont quitté les bancs de l’école avant d’obtenir un diplôme ou une certification, contre 13,1% dans le milieu urbain. En terme de genre, 20,2% des garçons en âge d’être à l’école l’ont abandonnée, contre 19,3% des filles.

La raison de déscolarisation la plus évoquée par les chefs de ménages est l’échec des enfants aux examens et le redoublement, à raison de 33,8%, rapporte le CSEFRS. Le faible revenu du ménage et la pauvreté sont la deuxième raison de déscolarisation (11,7%).

Les autres raisons évoquées par les parents d’élèves sont l’éloignement de l’établissement scolaire (10,2%), le refus de l’enfant de poursuivre ses études (9,8%), le manque de transport scolaire (7,8%), l’inutilité de la poursuite des études (4,3%), l’obligation de mariage (4%), l’absence ou l’insuffisance d’appui social à la scolarisation (3,1%), le refus des parents ou du tuteur que l’enfant poursuive ses études (2,6%), l’exclusion de l’enfant des études (2,6%) et d’autres raisons (10,1%).

Selon le ministère de l’Education nationale, de la formation professionnelle, le taux de la déperdition scolaire dans l’enseignement primaire a atteint 1,1% au niveau national au titre de l’année 2017-2018, soit un total de 38.740 élèves ayant quitté l’école primaire. Au collège, le taux de déscolarisation a atteint 12%, soit 183.218 élèves.

L’abandon scolaire est d’ailleurs le deuxième principal problème, après le faible niveau scolaire, qui se pose actuellement à l’école et dont il faut s’occuper en priorité selon les ménages interrogés dans le cadre de l’étude du CSEFRS. D’autres problèmes ont été pointés du doigt, comme les programmes non adaptés, l’encombrement des classes, le redoublement, le nombre insuffisant d’enseignants, la violence à l’école ou encore le nombre insuffisant des conseillers à l’orientation.

La déscolarisation a également des répercussions sur le niveau de diplôme des jeunes marocains. Ainsi, la moitié (50,1%) de la population des 15 ans et plus n’a aucun diplôme, 18,6% ont un certificat d’enseignement primaire (CEP), 14,5% ont un certificat d’études du collège (CEC), 7,2% ont le baccalauréat, 7,5% ont un diplôme supérieur au baccalauréat et 2,1% ont un diplôme de formation professionnelle, détaille le CSEFRS. Par ailleurs, les taux d’obtention de diplômes sont généralement plus élevés chez les hommes que chez les femmes.

Outre l’abandon scolaire, la part de jeunes n’ayant jamais été scolarisés est également signifiante. Elle est cependant beaucoup plus importante chez les jeunes de 18 à 22 ans, avec 8,2% d’entre eux n’ayant jamais été à l’école, que chez les 12-14 ans (0,8% de non scolarisés). Le pourcentage reste élevé chez les enfants de 6 à 11 ans, tranche d’âge où l’enseignement est obligatoire, avec 4,5% de non scolarisés.