ALGÉRIE
14/03/2016 15h:33 CET | Actualisé 15/03/2016 02h:14 CET

Poutine ordonne le retrait du gros des forces russes de Syrie

ASSOCIATED PRESS
Russian President Vladimir Putin heads a meeting of the State Council on traffic safety issues in Yaroslavl, Russia, Monday, March 14, 2016. (Alexei Nikolsky/Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP)

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné lundi le retrait de la majeure partie du contingent militaire déployé en Syrie depuis le 30 septembre et dont les milliers de raids aériens ont permis à l'armée syrienne de reprendre l'avantage sur le terrain.

Cette annonce surprise, au moment où a débuté à Genève un nouveau cycle de négociations entre des représentants du président Bachar al-Assad et de la très hétéroclite opposition syrienne, est intervenue après un entretien téléphonique entre Vladimir Poutine et le chef de l'État syrien.

"La tâche qui avait été demandée à notre ministère de la Défense et aux forces armées a été globalement accomplie et j'ordonne donc au ministère de la Défense d'entamer à partir de demain [mardi, NDLR] le retrait de la majeure partie de nos contingents militaires de la République arabe syrienne", a dit à la télévision M. Poutine au ministre de la Défense Sergueï Choïgou.

"Néanmoins, pour permettre la surveillance de la trêve des combats, la partie russe conserve sur le territoire syrien un site de maintenance de vols", selon le communiqué du Kremlin. La présidence russe ne précise pas quels types d'aéronefs assurent cette surveillance mais depuis l'entrée en vigueur de la trêve le 28 février, les militaires russes ont eu recours à des drones.

Le Kremlin ne précise pas non plus où est situé ce site de maintenance mais il s'agit selon toute vraisemblance de la base aérienne de Hmeïmim, dans la province de Lattaquié, le fief de Bachar al-Assad, dans le nord-ouest de la Syrie.

Depuis septembre, Moscou y avait déployé plus d'une cinquantaine d'avions de combat, ainsi que des troupes.

La Russie et la Syrie avaient signé, avant le début le 30 septembre de l'intervention militaire russe, un accord permettant à la Russie de disposer d'une base militaire aérienne en Syrie.

Accord avec Assad

Le Kremlin souligne que la décision du président russe fait l'objet d'un accord avec son homologue syrien: "Les dirigeants ont souligné que l'intervention des forces aériennes russes avait permis de radicalement changer la situation dans la lutte contre le terrorisme, de désorganiser les infrastructures des combattants [ennemis] et de leur porter un coup important".

Pour sa part, "Bachar al-Assad a relevé le professionnalisme, le courage et l'héroïsme des soldats et officiers des forces armées russes ayant pris part au combat et a exprimé sa profonde reconnaissance à la Russie pour son aide immense dans la lutte contre le terrorisme", toujours selon le Kremlin.

En cinq mois d'intervention, les bombardiers, avions d'attaque au sol et hélicoptères de l'armée russe ont effectué des milliers de raids aériens et visé des milliers de "cibles terroristes". L'armée russe a également fait étalage de toute sa puissance tirant depuis des navires de guerre déployés dans la mer Caspienne ou de sous-marins dans la mer Méditerranée.

La force de frappe russe a permis à l'armée syrienne d'engranger des victoires alors qu'elle se trouvait en mauvaise posture l'été dernier. Les Occidentaux ont toutefois accusé la Russie de privilégier, notamment durant les premiers mois, des frappes sur les rebelles plutôt que sur l'organisation terroriste État islamique.

Parallèlement, à Genève, les négociations intersyriennes visant à mettre un terme au conflit en Syrie ont commencé sous l'égide de l'ONU.

L'orchestrateur de ces discussions, Staffan de Mistura, envoyé spécial de l'ONU pour la Syrie, a affirmé que "la mère de toutes les questions" était de trouver un accord sur une transition politique.

L'opposition syrienne, représentée par le Haut comité des négociations (HCN) qui regroupe une myriade de groupes différents, veut la mise en place dans les six mois d'un « organe de transition » doté de tous les pouvoirs. Pour Damas, il est hors de question de parler du sort du président Assad et la transition doit être un simple remaniement ministériel avec un « gouvernement d'union » élargi à des opposants.

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