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17/09/2019 07h:30 CET | Actualisé 17/09/2019 07h:30 CET

Pourquoi tout est en place pour une troisième guerre du Golfe

Les attaques par des drones d'installations pétrolières en Arabie saoudite, revendiquées par des rebelles yéménites, provoquent l’embarras de la communauté internationale. Que serait une réponse proportionnée et qui devrait l’administrer?

Il y a plusieurs mois, j’écrivais dans ces colonnes un article intitulé “Qui va stopper l’escalade vers une troisième guerre du Golfe?” 

La question que pose l’attaque par des drones de deux installations pétrolières d’Arabie Saoudite du géant pétrolier saoudien Aramco, à Abqaiq et Khurais, dans l’est de l’Arabie Saoudite, réduisant de près de 50% la production, va bien au-delà de la sécurité de l’Arabie Saoudite

En effet, la guerre au Yémen depuis des années est sans doute la pire catastrophe humanitaire de la région.

Au-delà, et nombreux l’ont dit et répété, l’Arabie Saoudite est en droit de refuser de voir établir un Hezbollah à sa frontière.

Les Houthis, soutenus par l’Iran, déploient sur place une politique bien connue de déstabilisation.

Les récentes revendications de sécession du Sud Yémen, l’intervention de la branche locale des Frères musulmans Al Islah, ajoutent la confusion au malheur de ce pays le plus pauvre de la péninsule.

L’attaque des Houthis, cette fois au-delà des frappes d’aéroports saoudiens, touche le cœur industriel du pays. La question qui se pose est celle de la souveraineté militaire de ce pays.

L’Arabie Saoudite et les Emirats Arabes Unis, on le sait, ont des divergences de vue sur le Yémen et l’enlisement du conflit a fait reculer certains alliés de la coalition initiale.

L’Arabie Saoudite est-elle en mesure de répliquer seule face aux attaques des proxies iraniens? Serait-il opportun de mettre la région à feu et à sang avec une guerre ouverte entre ennemis héréditaires? 

La souveraineté militaire des pays du Golfe a toujours été une question passionnante mais théorique. L’initiative d’Istanbul, qui a tenté d’intégrer certains pays du Golfe à l’OTAN, et les accords de défense entre les pays du Golfe, les USA et la France notamment sont multiples. La base militaire d’Abu Dhabi offre à la France une position stratégique, mettant un terme à la suprématie américaine dans la région.

Tout cela ne donne pas aux pays du Golfe une souveraineté militaire. 

Le silence qui a suivi les attaques, malgré les communiqués de condamnation, sorte de figures imposées du genre, ne cache pas l’embarras de la communauté internationale. Que serait une réponse proportionnée et qui devrait l’administrer?

Frapper l’Iran semble une hypothèse suicidaire, l’absence de riposte apparaîtra comme une faiblesse. La diplomatie sera-t-elle assez forte et volontaire?

L’action du Président de la République française est plus que jamais souhaitée, lui qui en invitant le Ministre iranien des affaires étrangères avait réussi un exploit diplomatique.

Cette fois nous sommes loin de l’accord sur le nucléaire iranien sous perfusion et objet d’un acharnement thérapeutique pour le sauver. Cette fois c’est bien l’Iran et la politique de ses proxies qui est en cause.

Cette fois il faut vraiment mettre tous les acteurs autour d’une table. Les trois parties yéménites, pouvoir légitime, Houthis et sudistes, l’Arabie Saoudite et l’Iran.

C’est le rôle de la France et du Président Macron d’éviter maintenant un dérapage incontrôlé et une troisième guerre du Golfe qui affectera non seulement les populations locales, mais aussi l’économie mondiale.

 

Ce blog a été initialement publié sur le HuffPost France.

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