MAROC
05/03/2019 10h:43 CET

Pourquoi les vacances express du maire de Londres à Marrakech font polémique

Bad timing.

Bloomberg via Getty Images
Le maire de Londres, Sadiq Khan.

ROYAUME-UNI - Le maire de Londres, Sadiq Khan, s’est envolé samedi 2 mars à Marrakech pour des vacances express dans la ville ocre avec sa femme. Un séjour qui ne passe pas vraiment auprès des Londoniens.

Le maire, qui a décollé de l’aéroport international Gatwick quelques heures seulement après la mort d’une jeune Londonienne attaquée au couteau dans la capitale britannique, est en effet critiqué pour son manque d’action face à la recrudescence de ce type d’agression.

Coiffé d’une casquette et vêtu d’une veste noire, l’homme politique de 48 ans, à la tête de la mairie de Londres depuis mai 2016, a été aperçu samedi après-midi à bord d’un avion à destination de Marrakech. “Il s’est assis à la fenêtre et a gardé sa casquette pendant tout le vol”, a indiqué un passager au Sun, photo à l’appui.

Selon un porte-parole de Sadiq Khan cité par le tabloïd britannique, le maire sera de retour au travail ce mardi. “Sadiq est en pause avec son épouse et est en contact permanent avec le commissaire de police et l’hôtel de ville”, a-t-il déclaré. “Il sera de retour au bureau mardi.”

“C’est choquant, mais pas surprenant que le maire soit porté disparu alors que l’épidémie de criminalité sévit à Londres. Cela résume vraiment l’attitude complaisante de Sadiq Khan face à la montée en flèche du taux de crimes violents dans notre ville”, a réagi une opposante au maire travailliste, la conservatrice Susan Hall, membre de l’Assemblée de Londres, organe chargé de contrôler l’action du maire de Londres.

Le secrétaire d’Etat à la Santé, Matt Hancock, s’est pour sa part dit “surpris” que le maire n’ait pas annulé son voyage avec son épouse Saadiya. “Les politiciens ont besoin de vacances, c’est vrai. Il y a aussi des moments de crise où, si vous occupez un poste important avec des responsabilités clés, vous devez être présent. Je pense que Sadiq Khan doit faire beaucoup de choses contre les attaques au couteau à Londres pour assurer la sécurité des personnes”, a-t-il déclaré à LBC Radio.

Jodie Chesney, 17 ans, a été poignardée à mort vendredi 1er mars alors qu’elle jouait de la musique le soir dans un parc de Romford (banlieue nord-est de Londres) avec son petit ami et quatre autres amis. La police a déclaré que l’assassin était un adolescent noir qui l’avait frappée dans le dos avant de s’enfuir. Si le motif du meurtre n’est pas connu, les amis de la jeune fille pensent qu’il y a eu une erreur sur l’identité de la victime.

Samedi, le maire de Londres a réagi à cette attaque sur Twitter:

“Dévasté par l’attaque au couteau mortelle d’une fille de 17 ans à Havering. Mes pensées sont avec ses proches. Cela me remplit de colère que les criminels violents ciblent les jeunes Londoniens qui ont toute leur vie devant eux. J’encourage toute personne ayant des informations à contacter la police”.

Cette nouvelle attaque intervient alors que le nombre de jeunes de moins de 16 ans traités pour des blessures par arme blanche a presque doublé en cinq ans au Royaume-Uni, selon une récente analyse du National Health Service (NHS), passant de 180 en 2012-2013 à 347 en 2017-2018.

Au lendemain de la mort de la jeune fille, un adolescent de 17 ans, Yousef Makki, a lui aussi été mortellement attaqué au couteau à Hale Barnes, près de Manchester. Deux garçons, également âgés de 17 ans, ont été arrêtés pour ce meurtre. À Londres, 18 personnes ont été tuées de cette manière depuis le début de l’année, et Jodie Chesney est la cinquième adolescente londonienne à mourir de cette manière.

Le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, Sajid Savid, qui doit rencontrer les chefs de police cette semaine pour discuter de cette vague d’attaques au couteau, a condamné cette “violence insensée” et déclaré: “des jeunes sont assassinés dans tout le pays. Cela ne peut plus durer”, rapporte la BBC.

La Première ministre, Theresa May, a quant à elle déclaré qu’elle comprenait l’inquiétude des gens, tout en affirmant qu’il n’y avait “pas de corrélation directe” entre la hausse du nombre d’agressions au couteau et la baisse des effectifs de la police.