MAROC
31/01/2019 12h:48 CET | Actualisé 31/01/2019 12h:49 CET

Pourquoi le vent chaud du Maroc est en partie responsable de la vague de froid aux États-Unis

Aussi paradoxal que cela puisse sembler.

The Washington Post via Getty Images
La vague de froid s'abat aux États-Unis. Ici, un promeneur près du lac Culler, dans la ville de Frederick (Maryland), janvier 2019.

CLIMAT - Cela peut sembler paradoxal, mais le vent chaud venu du Maroc est en partie responsable de la vague de froid polaire qui s’abat en ce moment sur l’Amérique du Nord.

Le phénomène de déplacement de morceaux du “vortex polaire”, la masse d’air froid normalement confinée dans l’Arctique, vers le continent américain, serait dû à la chaleur marocaine, rapporte Associated Press (AP).

“Tout a commencé avec un épisode de chaleur au Maroc. Le mois dernier, les températures normalement très froides à 20 miles au-dessus du pôle Nord ont rapidement augmenté d’environ 125°F (70°C), grâce à l’air venant du sud. C’est ce qu’on appelle le ‘réchauffement stratosphérique soudain’”, indique l’agence de presse américaine.

“Cette chaleur a fendu le vortex polaire et laissé les morceaux errer”, explique Judah Cohen, spécialiste des tempêtes hivernales chez Atmospheric Environmental Research, interrogé par AP. “Et là où va le vortex polaire, l’air froid va aussi”, a-t-il ajouté.

Autrement dit, la masse d’air chaud venue du Maroc, en remontant vers le pôle Nord, a brisé en deux le vortex polaire et permis “la fuite de poches d’air glaciales”, détaille le magazine français Usbek & Rica, entraînant une vague de froid dans plusieurs régions des États-Unis et du Canada, qui enregistrent actuellement des températures glaciales (jusqu’à -54°C dans certaines régions du Minnesota, selon le National Weather Service).

“Lorsque l’air chaud envahit la région polaire, il peut fendre le vortex ou le déplacer, généralement vers la Sibérie”, explique Judah Cohen. “Récemment, il y a eu plus de scissions, ce qui augmente les chances que d’autres endroits deviennent ultra-froids”, a-t-il ajouté. Des morceaux du vortex polaire ont ainsi refroidi l’Europe, la Sibérie et l’Amérique du Nord cette fois-ci.

Une vague de froid qui ne risque pas de s’arrêter maintenant, selon l’expert. “Ce froid inhabituel pourrait encore durer huit semaines”, a-t-il précisé à l’agence de presse.

Pour certains spécialiste du climat, ce phénomène de scission plus récurrente du vortex polaire ces deux dernières décennies serait dû au réchauffement climatique.