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28/12/2018 17h:02 CET | Actualisé 28/12/2018 17h:02 CET

Pourquoi le régime iranien reprend ses activités terroristes en Occident

"Depuis le début d’année, plusieurs attentats contre l’opposition iranienne ont été déjoués en Europe et aux Etats-Unis"

- via Getty Images
Le président Hassan Rohani lors d'une conférence régionale, début décembre à Téhéran, abordant entre autres questions le terrorisme et la coopération régionale. 

Que la “République islamique” d’Iran ait été, depuis son avènement, il y a près de 40 ans, impliqué dans de nombreuses attentats et opérations terroristes meurtrières en dehors de ses frontières, notamment en Occident, n’est plus un mystère. 

Incapable de se conformer à un minimum de règles de conduite internationale ou de se réformer de l’intérieur en raison de son idéologie extrémiste (version chiite), une politique de la terreur à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Iran est devenue l’instrument principal de la survie de ce régime. Cette politique a donné naissance à un terrorisme d’Etat particulièrement virulent, frappant un grand nombre de pays à travers le monde, de l’Europe aux Etats-Unis en passant par l’Afrique et l’Asie. En Europe, Téhéran a mené des dizaines d’attentats meurtriers ces dernières décennies, notamment en France, en Allemagne, en Angleterre, en Italie, en Suisse, en Autriche…

Depuis le début d’année, plusieurs attentats contre l’opposition iranienne ont été déjoués en Europe et aux Etats-Unis. Dans la plupart de ces attentats ou projets, le rôle des ambassades ou d’autres institutions officielles de la République islamique a été clairement établi.

En France, le 30 juin dernier, un attentat à la bombe contre un grand rassemblement de l’opposition iranienne à Villepinte a été déjoué et un véritable carnage évité in extremis grâce à la coopération des services allemands, français et belges. Un diplomate iranien en poste à Vienne a été arrêté en Allemagne pour avoir personnellement remis l’engin explosif au commando terroriste. Remis à la justice belge en octobre dernier, ce diplomate attend aujourd’hui son procès. Le pouvoir iranien semblait vouloir frapper fort contre la coalition de l’opposition du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) qui avait appelé à ce rassemblement qui s’est tenu en présence de nombreuses personnalités étrangères dont Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York et proche du président américain.

Le Danemark, les Pays-Bas, l’Albanie et les Etats-Unis ont été les théâtres de nouvelles opérations de Téhéran visant des opposants, pour la plupart déjouées. Que Téhéran reprenne ses vieilles habitudes en Occident après un répit de quelques années, pour des raisons tactiques, est très alarmant. Outre une vigilance accrue à l’égard de la “République islamique” et de ses relais en Occident, y compris ses ambassades, cet état de faits nécessite des réponses à la hauteur de la gravité de la situation.

Quelle est la cause principale de cette recrudescence des activités terroristes du régime iranien?

A la fin de décembre 2017, les médias du monde entier ont diffusé les images des manifestations de protestations qui avaient éclaté dans plus de 140 villes à travers l’Iran. Ces manifestations commencées d’abord pour dénoncer la cherté de la vie, le chômage, la corruption des autorités et la pauvreté grandissante dans le pays, ont pris, en l’espace de quelques jours, la forme d’une insurrection généralisée contre le régime toute faction confondue. Cette révolte populaire sans précédente a été atrocement réprimée dans le sang (plus de 50 morts et des milliers d’arrestations), mais la protestation s’est poursuivie sous la forme de rassemblements, de marches de protestation et/ou des grèves… de toutes les catégories sociales, ouvriers, infirmiers, routiers, enseignants, étudiants…

Un fait intéressant rapporté par plusieurs journalistes occidentaux ayant visité l’Iran, est que les Iraniens interrogés par la presse étrangère ne font souvent pas de lien direct entre la situation actuelle et les sanctions économiques contre le régime. Ils considèrent avant tout les autorités de leur pays comme responsables de la crise économique, en raison notamment des aventures guerrières extrêmement coûteuses au Moyen-Orient. Dénonçant surtout la corruption et l’incurie des dirigeants, la gestion désastreuse de l’économie nationale depuis plusieurs décennies et le gaspillage d’énormes richesses du pays, la population iranienne semble aspirer à un changement profond du système, voire un changement de régime.

Ainsi, isolé sur la scène internationale en raison de son programme balistique agressif et son rôle déstabilisateur dans la région du Moyen-Orient, et face à un mouvement de contestation grandissant à l’intérieur, le régime du guide suprême, Ali Khameneï, semble décidé à semer la terreur notamment en attaquant son opposition principale basée en Occident avec de puissants relais à l’intérieur du pays. Le Président de la république des mollahs, Hassan Rohani qui s’aligne de plus en plus sur les positions du Guide, est plutôt un allié dans ces projets. Le ministère des renseignements et de la sécurité (Vevak) relève directement du Président.

Alors que les associations représentatives de la diaspora iranienne ont organisé le samedi 15 décembre, une conférence mondiale en multiplexe dans 42 villes en Europe, en Amérique du Nord et en Australie, autour du thème “le terrorisme de l’Etat iranien”, il est plus que jamais nécessaire et urgent que les Occidentaux, les pays européens en tête, apportent une réponse ferme aux agissements inacceptables, en Europe, d’une dictature religieuse qui donne tous les signes de fin de course. Cette réponse peut et doit inclure l’inscription du Vevak sur la liste des organisations terroristes, des mesures contre les ambassades de Téhéran qui servent de bases logistiques permanentes pour les activités d’espionnage et de terrorisme, ainsi que l’expulsion de tous les agents des services secrets de Téhéran, y compris ceux déguisés en diplomates.