TUNISIE
31/07/2018 13h:20 CET

Pourquoi le président du bureau politique d'Afek Tounes a-t-il démissionné?

“L’immobilisme du parti ne doit plus durer”

Facebook/Karim Helali

Le président du bureau politique d’Afek Tounes Karim Helali affirmé mardi que sa démission de son poste, intervient en réaction contre la décision du parti de boycotter la séance de vote de confiance au ministre de l’Intérieur.

Il a précisé que les quatre députés présents à la plénière de samedi ont, d’ailleurs, voté contre la décision du parti en accordant leur confiance à Hichem Fourati, le ministre proposé par le chef du gouvernement Youssef Chahed.

Il a qualifié d’“arbitraire” la décision du parti dans la mesure où elle a été prise sans aucune concertation avec le groupe parlementaire.

Selon lui, la position d’Afek Tounes contredit la nature du travail parlementaire et est “dénuée de tout sens politique”. Le peuple élit des députés pour qu’ils s’expriment sur les diverses questions nationales par le biais du vote et non du boycott, a-t-il soutenu. “L’immobilisme du parti ne doit plus durer”, a-t-il lancé.

Le vote de confiance au ministre avait pour objectif de tenir l’institution sécuritaire au dessus des clivages politiques et de mettre en avant l’importance de ce département dans la lutte contre le terrorisme et le crime organisé, a estimé le dirigeant d’Afek Tounes.

La crise politique est loin d’être résolue par un simple vote de confiance. Selon lui celle-ci reste d’actualité tant que le chef du gouvernement ne sollicite pas le renouvellement de la confiance pour la totalité de son équipe ou n’opère un remaniement touchant certains départements ministériels. Il a toutefois estimé inconcevable de laisser le poste de ministre de l’Intérieur vacant.

Sur un autre plan, Karim Helali a souligné que le parti doit impérativement engager un processus de réforme, exprimant la crainte de voir Afek Tounes disparaitre si la majorité silencieuse ne réagit pas pour le sauver et repenser sa méthode de gestion.

Il a critiqué les décisions unilatérales prises par le bureau politique, tenant le président du parti Yassine Brahim responsable de l’échec dans la gestion de la différence à l’intérieur d’Afek Tounes, ce qui a poussé nombre de dirigeants à démissionner. Une situation qui, a-t-il regretté, a abouti à la dissolution du groupe parlementaire du parti.

Le bureau politique d’Afek Tounes avait annoncé sa décision de boycotter la plénière consacrée au vote de confiance au ministre de l’Intérieur proposé Hichem Fourati, et exigé du chef du gouvernement de mettre fin à la crise en sollicitant lui-même le renouvellement de la confiance du parlement.

Il a également demandé au président de la République de recourir à l’article 99 de la Constitution qui l’habilite à demander au parlement de voter le renouvellement de la confiance au gouvernement. 

 

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