MAROC
15/11/2018 13h:39 CET

Pourquoi le PAM ne votera pas en faveur de la première partie du PLF 2019

Il faut d’abord mettre en place des mesures garantissant la bonne gouvernance des différents secteurs sociaux, souligne le parti de l'opposition.

pam.ma

PARLEMENT - C’est ce soir à 18h que la Chambre des représentants tiendra une séance plénière pour le vote de la première partie du Projet de loi de finances 2019 (PLF). Une séance qui promet d’être houleuse, car, à la discussion de cette première tranche du PLF par les groupes parlementaires, la veille, certains ont critiqué avec virulence “ses insuffisances”. “Il n’apporte rien de nouveau, ce PLF 2019. Que le gouvernement le présente comme un projet à caractère social en injectant des crédits supplémentaires ne veut pas dire qu’il l’est au fond”, déclare au HuffPost Maroc le président du groupe parlementaire du PAM, Mohamed Chrourou. 

Pour ce parti de l’opposition, l’approche sociale aurait dû se traduire par la mise en place de mesures garantissant d’abord la bonne gouvernance des différents secteurs sociaux et par la reddition des comptes. “Il s’agit d’une priorité si le but est réellement de donner un nouveau souffle aux secteurs sociaux. Aujourd’hui, nous avons, d’une part, des citoyens qui vivent au quotidien des difficultés d’accès, par exemple, aux services de santé. Et, d’autre part, des responsables et gestionnaires qui ne respectent ni les règles, ni les procédures en vigueur”, constate Chrourou.

Ce PLF, aux yeux de ces députés du PAM, s’articule autour de plusieurs principes, dont certains présentés comme fondamentaux à l’instar de la réduction des disparités régionales souffrent “d’absence de vision concrète”. “Il n’y a pas de convergence entre secteurs, ni d’égalité entre les zones urbaines et rurales. Des budgets colossaux favorisent toujours et encore l’urbain sur le rural et cela renforce l’exode rural”, considère le président de ce groupe, estimant que le PLF dénote de “l’incapacité du gouvernement à répondre aux attentes des citoyens”. 

“Ce ne sont pas les slogans et l’augmentation des budgets sociaux qui résoudront les problèmes des citoyens. Car ces derniers ont besoin d’une stabilité sociale et économique et que leurs problèmes soient réglés rapidement. Si le gouvernement avait mis en place des commissions spécialisées pour régler les problèmes des citoyens, cela aurait pu être plus efficace pour les citoyens ”, soutient Chrourou.

A la discussion de la première tranche du PLF, hier, le PAM a donc soulevé ces dysfonctionnements qui justifient pour lui un vote défavorable.“Nous voterons contre d’autant que le plusieurs de nos propositions sont restées sans suite auprès du gouvernement”, assure-t-il. Parmi ces propositions non retenues, ce député rappelle celles faites à l’issue de la mission d’information parlementaire chargée d’étudier la situation du marché des hydrocarbures. “Le gouvernement s’était engagé auprès de cette commission de mettre en application ses recommandations dont le plafonnement des prix. À ce jour, aucune décision n’a été prise”, regrette-t-il. Et d’ajouter que son groupe a suggéré, parmi ses amendements, d’augmenter la taxe sur les distributeurs de carburants au Maroc. “Nous estimons que les recettes faramineuses qu’ils réalisent justifient une taxe qui pourrait être employée au profit des citoyens”, affirme Chrourou. 

Autre amendement proposé et sur lequel ce député met l’accent: l’emploi des personnes handicapées. “Avec les autres partis, nous avions demandé au gouvernement de maintenir le quota de 7% pour l’intégration de cette catégorie dans la fonction publique. Nous l’avons réitéré en en faisant une contrainte pour le gouvernement et nous y avons ajouté 200 postes supplémentaires car le besoin pour cette catégorie de diplômés chômeurs est très important”, précise le président du groupe PAM. Et de souligner que cet amendement a été voté à l’unanimité à la commission des finances. Et pour cause, il s’agit pour l’ensemble des chefs de groupes parlementaire d’un engament pris auprès des diplômés chômeurs malvoyants. Le 15 octobre, ces derniers avaient levé leur sit-in sur le toit du ministère de la Famille suite à une médiation de ces députés qui avaient promis de défendre leurs revendications. Les diplômés chômeurs malvoyants ont cependant menacé de reprendre leur démarche protestataire après avoir constaté que le PLF 2019 ne leur consacre que 0,7% du total des postes budgétaires et non 7% comme le prévoit la loi.

En attendant que cet amendement soit étudié par le gouvernement, les députés se pencheront dès ce soir, après la séance plénière du vote, sur l’étude de la deuxième partie du PLF 2019.