TUNISIE
07/08/2018 16h:12 CET

Pourquoi la production de Henné, or rouge tunisien, est en chute libre? Un reportage d'AfricaNews vous l'explique

La production de Henné en Tunisie est passée de 1470 tonnes en 2010 à seulement 645 en 2017.

MOURAD MJAIED via Getty Images

Le henné, l’or rouge tunisien produit dans la région de Gabès, est connu pour différentes vertus. La poudre faite à partir de feuilles broyées de la lawsonia inermis permet de colorer les cheveux, la peau, et aurait même des valeurs thérapeutiques soulageant les migraines, purifiant l’épiderme et facilitant la guérison des blessures.

Ce produit naturel, utilisé depuis des millénaires de la Tunisie à l’Inde en passant l’Égypte, à par ailleurs dépassé les frontières et s’est répandu dans le monde occidental, dans un premiers lieu avec l’influence de Hollywood et notamment Lucille Ball dans les années 1950, puis en surfant sur la vague de mode de la cosmétique naturelle pour ce qui est de son potentiel de coloration des cheveux.

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Mais paradoxalement, si le henné est de plus en plus répandu au niveau global, il perd de sa valeur traditionnelle et est de moins en moins présent sur les mains des Tunisiennes lors des grands événements relate le site AfricaNews dans une vidéo publiée sur son site. Démodé, il est remplacé par des produits plus modernes et plus diversifiés.

Le manque de demande a fait baisser sa production au cours des dernières années. Ce produit, source de revenus de milliers de Tunisiens dans le sud du pays, est passé de 1470 tonnes produites en Tunisie en 2010 à seulement 645 en 2017 relate le site.

 

Mais la demande à la baisse n’est pas la seule explication: La sécheresse qui affecte le pays en est l’une des causes principales. Selon le ministère de l’Agriculture, il y a parfois des délais de 40 jours avant que les cultures puissent être irriguées, bien que la plante soit très demandeuse en eau. La cherté de l’eau, quand l’heure d’irrigation peut coûter jusqu’à 2,8 dinars, rend la production de moins en moins rentable: les agriculteurs sont forcés de revendre leur henné à des prix en baisse aux fournisseurs, tandis ce que leurs coûts de production est sans cesse en hausse, les poussant à se diriger vers la culture de produits différents.

De nombreux agriculteurs se voient aussi forcés de quitter leurs terres à cause de la production chimique, qui empêche un bon développement des plantes, mais aussi sa labellisation “bio”qui attire les consommateurs étrangers et rend possible son exportation, particulièrement vers l’Europe.

Quant au henné naturel et traditionnel qui demeure, il est souvent concurrencé par des produits venus de l’étranger, dont certains pouvant créer des brûlures chimiques tel le henné noir, mais aussi par de nouvelles formes de “henné” coloré, reprenant des motifs traditionnels dans des matière synthétiques, en blanc, ou encore en couleurs fluorescentes, de plus en plus à la mode.

 

Africa News est une chaine d’information continue panafricaine lancée le 04 janvier 2016 par Michael Peters, président d’Euronews. Diffusée par satellite à travers toute l’Afrique subsaharienne, elle suit de près l’actualité des pays africains.

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