TUNISIE
01/02/2019 16h:07 CET | Actualisé 01/02/2019 17h:46 CET

Pourquoi la Cour des comptes veut-elle avoir "des informations" sur les comptes bancaires d’Ennahdha?

Comptes bancaires suspects ou une simple procédure ordinaire?

Anadolu Agency via Getty Images

Le mouvement Ennahdha serait de nouveau dans la ligne de mire de la Cour des Comptes. Une correspondance envoyée récemment par le gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie à toutes les banques tunisiennes dévoile l’intention de cette dernière de scruter les comptes relatifs au parti.

Relayée en premier par le journal Al Charaa Al Magharibi, cette correspondance datant du 26 décembre 2018 lance un appel aux banques pour donner des “informations” concernant les comptes bancaires ouverts en Tunisie au nom d’Ennahdha et de certaines personnes physiques. 

BCT- Acharaa al magharibi

Rached Ghannouchi concerné 

Plusieurs dirigeants, députés, conseillers et membres du Conseil de la Choura seraient concernés par cette décision, révèle la même source.

D’après Mosaïque Fm, cette liste comprend 140 noms dont des politiciens, des activistes et membres de la société civile. Rached Ghannouchi, président du parti, et le trésorier du mouvement figureraient également dans ladite liste, selon Business News. “Les deux ayant la responsabilité légale de gérer les finances du parti vu la signature conjointe” précise le média.

Contacté par le HuffPost Tunisie, un responsable de la Banque Centrale de Tunisie a fait savoir que la demande consiste à dévoiler les comptes bancaires ouverts au nom du mouvement sans pour autant entrer dans les détails et l’historique des opérations bancaires. “Pour consulter ces relevés bancaires, il faut entamer une nouvelle procédure à part” souligne-t-il.

Autrement dit, cette mesure donne une idée sur le nombre des comptes bancaires ouverts par Ennahdha au sein des banques tunisiennes plutôt que de détailler l’historique des mouvements bancaires. 

“Nous n’avons rien à craindre”

“Ennahdha n’a rien à craindre” martèle le porte-parole du mouvement, Imed Khemiri, à Mosaïque Fm. “C’est une mesure ordinaire (...) notre parti respecte le travail des institutions de l’Etat tant que ces dernières se conforment à la loi” poursuit-il.

Khemiri a, par ailleurs, salué cette initiative en souhaitant néanmoins la généraliser à tous les partis politiques en Tunisie. “J’espère que cette mesure  ne sera pas sélective et ne concernera pas qu’Ennahdha” lance-t-il en rappelant que les institutions de l’Etat doivent se comporter de la même manière envers tous les partis.

Selon lui, Ennahdha a présenté ses rapports financiers dans les délais depuis la Révolution. “Durant toutes les échéances électorales, le parti a respecté les délais et les règles de financement de ses campagnes, et ce contrairement à plusieurs autres partis” estime-t-il.

C’est pour le contrôle des financements des campagnes électorales ...

Dans un communiqué rendu public, la Cour des Comptes a précisé que cette mesure entre dans le cadre du contrôle des financements des campagnes électorales des municipales de 2018. “Cette mesure concerne tous les partis politiques ayant obtenu des sièges dans les conseils municipaux” souligne l’institution.

En se référant à l’article 95 relatif au code électoral, la Cour des comptes précise qu’elle a toute la latitude pour demander tous les documents et justificatifs concernant les financements des campagnes électorales.

Selon le dernier rapport de la Cour des comptes, sur les 2074 listes participantes aux municipales, seules 803 listes ont présenté les détails de leurs comptes bancaires. 

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