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30/07/2018 12h:12 CET | Actualisé 30/07/2018 12h:12 CET

Pourquoi j'ai quitté Instagram?

Je saute le pas et je quitte Instagram. Voilà mes raisons.

Dado Ruvic / Reuters

C’est au moment où j’ai réalisé que mon réflexe matinal était de checker le fil d’actualité Instagram que je me suis rendue compte que j’étais à côté de moi-même. C’était comme si l’algorithme de cette application a été conçu pour programmer ses utilisateurs à ne plus se détacher des écrans mobiles, pour ne rien rater.

Des likes en masse, des photos à chaque seconde, un flux irrépressible de stories, des profils qui font rêver et il y a moi derrière mon écran involontairement et complètement affolée. Cette application, en particulier, devient présente dans chaque moment de ma journée.

Mon café je ne le savoure plus, quand je marche dans la rue je ne la regarde plus et quand je m’allonge je ne me repose presque plus. 

“Parce qu’il y a en chacun un brave qui sommeille. Reste à décider de l’heure du réveil”. Je me détermine aujourd’hui d’abandonner tout ce qui me fait perdre plus que gagner, je saute le pas et je quitte Instagram. Voilà mes raisons: 

Je dis non à la futilité : Quand je me demande ce que j’ai appris après avoir passé une heure paresseuse à circuler sur le fameux réseau social, la réponse est toujours RIEN.

Rien d’enrichissant, rien de constructif. Pourtant j’ai toujours fait le tri des abonnements et je me suis dirigé vers les personnes plus inspirantes et les pages qui visent la progression. Mais à mesure que j’ai secoué l’inertie mentale, j’ai songé que ce n’était que de la “fausse culture” et que c’était les propriétaires des pages qui diffusent les infos comme ils le veulent, on n’est pas loin de la dictature du savoir! En un mot, c’est un savoir futile camouflé par une carapace de pertinence! 

Je dis non au marketing manipulateur : Un nouveau phénomène est apparu avec l’arrivée d’Instagram. Ce sont “les influenceuses ,ou instagrameuses”. Ces femmes glamour qui mettent leurs vies en scènes et qui, désormais, vivent de leur notoriété.

Elles forment une communauté qu’elles appellent “La famille ou insta-family”.

Elles parlent généralement des produits de beauté qu’elles utilisent, et donnent des conseils “entre copines” et comme on a l’impression de les connaitre on devient facilement influençables.

Mais derrière ces recommandations aux airs de publicité se cache une incitation à consommer compulsivement. Elles peuvent manquer de crédibilité, elles ne font que la promotion de grandes marques et ne donnent pas des conseils comme on le croit.  

Je dis non au voyeurisme médiatique: Ce média social de premier plan a favorisé la tendance voyeuriste de l’être humain, en transformant la vie privée des individus en un véritable spectacle. Suite à la phonéographie instantanée, la vie des autres est une piste accessible: on peut voir tous les coins de la chambre de madame, où est ce que monsieur est parti en voyage, ou bien, ce que fait mademoiselle à l’instant T.

Et devant les caméras surcroit le besoin d’être vu, reconnu et aimé par les autres.

Un plaisir narcissique mais à quel prix?

Je dis non à la perte du temps : Ce que génère le temps accumulé sur l’application est une vraie sensation de ne plus vivre au présent. De voyager loin avec les photos et les vidéos, d’être omniprésent mais à la fois ostensiblement absent. D’être virtuellement connecté mais réellement déconnecté.

Conséquence? Les détails de la vie passent inaperçus, perdent leurs valeurs et se défont de leurs goûts. Sommes-nous vraisemblablement vivants dans ce cas?   

Je dis non à la comparaison destructrice : Une fausse idée longtemps propagée par les internautes à travers les photos est que tout est beau, tout est parfait. On ne voit que des sourires à pleines dents, des corps sans défauts, des gens insouciants qui vivent pleinement, des maisons magnifiquement décorées, des plats admirablement présentés... on se croirait devant une vitrine!

On peut facilement plonger dans la boucle de l’insatisfaction chronique et du mécontentement en oubliant que ces images sont en contradiction avec les frustrations de la vie réelle. 

Je dis oui à ma liberté!   

Aujourd’hui, j’ai pris conscience de ma ritualisation presque addictive de l’application et j’ai choisi le “digital detox” en désinstallant définitivement Instagram.

Et j’ai vu le retour aux valeurs profondes, à une vie slow, à un rapport sain avec mes amis, d’avoir des échanges de qualité seulement avec ceux que j’aime vraiment. 

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