MAROC
06/08/2019 09h:49 CET | Actualisé 06/08/2019 09h:50 CET

Pour Trump, les États-Unis "doivent condamner" le suprémacisme blanc

Le président des États-Unis appelle aussi à l'exécution "rapide" des auteurs des deux fusillades survenues pendant le weekend au Texas et dans l'Ohio.

ÉTATS-UNIS - Au lendemain d’un weekend terriblement meurtrier, sa prise de parole était attendue par tout un pays. Ce lundi 5 août, Donald Trump s’est exprimé sur les deux fusillades qui ont endeuillé les États-Unis, l’une qui a fait 20 morts à El Paso au Texas et l’autre neuf à Dayton dans l’Ohio. 

Dans un revirement spectaculaire après plusieurs événements du même genre, et en particulier les violences survenues à Charlottesville où il avait expliqué qu’il y avait “de la violence dans les deux camps”, le président des États-Unis a pour la première fois condamné fermement les suprémacistes blancs. “Notre nation doit s’unir pour condamner d’une seule voix la racisme, le sectarisme, et le suprémacisme blanc”, a-t-il déclaré.

Le suprémacisme blanc est une idéologie qui a motivé de nombreux attentats d’extrême droite ces dernières années. Que ce soit à Christchurch en Nouvelle-Zélande, lors de l’attaque d’une mosquée à Pittsburgh en octobre dernier ou lors de la tuerie d’Utoya perpétrée par Anders Breivik, les tueurs évoquent à chaque fois la menace d’un cosmopolitisme qui “menacerait la race blanche”. Pour cette théorie et ceux qui y adhèrent, l’immigration et la mixité ethnique mettraient en danger les civilisations et les pays occidentaux. 

“Le tireur d’El Paso a publié un manifeste en ligne, qui débordait de haine raciste”, a-t-il également rappelé, lui qui a si souvent été accusé de racisme et de faire le jeu de ces idées. “Ces idéologies sinistres doivent être vaincues. La haine n’a pas sa place en Amérique. Elle fausse l’esprit, détruit le cœur et dévore l’âme.” 

 

Le président américain a ajouté avoir demandé au FBI de lister toutes les ressources dont il pourrait avoir besoin pour enquêter sur les crimes de haine et combattre le “terrorisme intérieur”. C’est la première fois que Donald Trump parle en ces termes de la violence des suprémacistes blancs, après des années de silence voire de complaisance.

Peine de mort contre les auteurs de tueries de masse

Formulant une nouvelle critique contre “l’idéalisation” de la violence sur les réseaux sociaux, qui aurait selon lui poussé les deux meurtriers à agir de la sorte, il a également appelé à leur condamnation à mort et à leur exécution “rapide”. “Nous devons admettre qu’Internet a offert un espace favorable aux esprits radicalisés et perdus, et que cela leur a permis de mener leurs actions démentes. Nous devons jeter la pleine lumière sur ces endroits obscurs d’Internet et empêcher les meurtriers de masse de frapper avant qu’ils ne passent à l’action.” 

Il a par ailleurs annoncé un nouveau texte particulièrement strict avec les auteurs de crimes racistes. “J’ordonne également au ministère de la Justice de proposer une loi garantissant que ceux qui commettent des crimes motivés par la haine et des tueries de masse soient passibles de la peine de mort et que cette peine capitale soit appliquée rapidement, avec détermination et sans des années de délai inutile.” 

Au début de son allocution, prononcée dans la matinée de ce lundi outre-Atlantique, le président des États-Unis avait commencé par expliquer que le pays se trouvait dans un état de “choc, d’horreur et de désespoir”, après que 80 personnes ont été tuées ou blessées dans deux attaques “malfaisantes”. 

“Choc, horreur et désespoir”

”À El Paso, au Texas, un homme méchant s’est rendu dans un supermarché Walmart où des familles faisaient leurs courses entourées de ceux qu’elles aimaient. Il a tué vingt personnes et en a blessé 26 autres, parmi lesquels de précieux enfants”, a-t-il rappelé. Au cours de cette attaque, un homme blanc s’en est pris à un magasin principalement fréquenté par des familles hispaniques. “Puis, au petit matin dimanche, à Dayton dans l’Ohio, un autre monstre tordu a ouvert le feu contre un lieu passant et bondé du centre-ville. Il a tué neuf personnes dont sa propre sœur, en blessant 27 autres.” 

Il a ensuite présenté ses respects et ceux de la première dame aux victimes et aux survivants. “Nous serons à leurs côtés à jamais. Nous n’oublierons jamais.” Il a continué en affirmant que ces “massacres barbares sont des attaques contre les communautés, contre la Nation et un crime contre toute l’Humanité. Nous sommes scandalisés et dégoûtés par ce mal monstrueux, la cruauté, la haine, la malveillance, l’effusion de sang et la terreur.” 

Toutefois, s’il a évoqué pour la première fois le “suprémacisme blanc” et “le terrorisme intérieur”, le président des États-Unis n’a pas changé d’avis sur un autre sujet délicat pour sa majorité conservatrice: les armes à feu. “C’est la maladie mentale qui appuie sur la gâchette, pas les armes”, a-t-il affirmé au cours de son allocution. 

Restreindre l’accès aux armes

Cette affirmation est régulièrement contestée par la communauté scientifique, qui doute du lien entre les jeux vidéos et la santé mentale, et la propension à commettre des tueries de masse. D’après les épidémiologistes américains, une large majorité de personnes atteintes de troubles psychiques seraient ainsi non-violentes. 

Pourtant, ce 5 août, Donald Trump a annoncé un texte qui restreindra spécifiquement l’accès aux armes à feu aux personnes souffrant de troubles mentaux. Un peu plus tôt dans la journée, sur Twitter cette fois, il avait proposé d’encadrer davantage la vente d’armes dans le pays. ” Les républicains et les démocrates doivent se rassembler et obtenir des vérifications d’antécédents solides, peut-être en couplant cette loi à une réforme migratoire désespérément nécessaire”, avait-il par exemple écrit. 

“Nous ne pouvons pas laisser ceux qui sont morts à El Paso, au Texas, et à Dayton, dans l’Ohio, mourir en vain. De même pour ceux ayant été sérieusement blessés”, a-t-il ajouté, expliquant qu’il fallait que “quelque chose de bon, voire de GRAND” devait naître des événements tragiques du weekend. 

Cet article a été initialement publié par Le HuffPost France.