TUNISIE
19/07/2019 12h:03 CET

Pour Sarah Yerkes, l'anti-américanisme croissant en Tunisie pourrait impacter les relations entre les 2 pays

"Les États-Unis peuvent-ils garder des relations privilégiées avec la Tunisie, dans un pays où l'anti-américanisme s'accroit?" s'interroge la spécialiste de la Tunisie et du Moyen-Orient Sarah Yerkes

Golden_Brown via Getty Images

Dans une tribune publiée par la spécialiste de la Tunisie et du Moyen-Orient à la Fondation Carnegie Endowment for International Peace, Sarah Yerkes s’interroge sur les liens entre la Tunisie et les États-Unis dans un contexte d’anti-américanisme croissant en Tunisie.

Publiée le 14 juillet dernier, à la veille du 3ème dialogue stratégique entre les deux pays, Sarah Yerkes a remarqué un “changement d’attitude” à l’égard des États-Unis de la part des Tunisiens.

Revenant sur les derniers chiffres de l’Arab Barometer qui mettent en avant une moins grande influence des États-Unis auprès des citoyens tunisiens au contraire des rivaux chinois et russes, Sarah Yerkes estime que cela peut s’expliquer par le fait que “les États-Unis aient ignoré la Tunisie pendant près de deux ans”.

Si cette “légère hausse de l’engagement américain” dans le cadre du dialogue stratégique peut-être une bonne nouvelle, elle contrebalance avec “la demande répétée de l’administration Trump de réduire considérablement l’aide américaine à la Tunisie” note la spécialiste.

“Alors que le Congrès a toujours ignoré les réductions demandées par le gouvernement Trump et a continué à financer la Tunisie à peu près au même niveau chaque année, le gouvernement a toujours souhaité réduire l’aide à un pays en première ligne de la lutte contre l’État islamique, qui fait également face à de graves difficultés, à des défis économiques et se trouve en pleine transition politique, ce qui ne passe pas inaperçu”.

Selon Sarah Yerkes, face à une crise de leadership, un taux de chômage élevé, des menaces d’attentats récurrents...les États-Unis devraient aider encore plus la Tunisie, et c’est tout l’enjeu du dialogue stratégique.

“L’attention que la Tunisie reçoit de l’administration américaine cet été est rare pour un petit pays qui, par rapport à ses voisins, se porte relativement bien. Mais le dialogue stratégique est une opportunité bien plus qu’une simple séance de photos entre responsables tunisiens et américains” décrit-elle.

S’il a été question d’assistance financière, de soutiens aux élections démocratiques et de sécurité, c’est surtout l’amélioration “des relations américano-tunisiennes au niveau local et de regarder au-delà de nos valeurs démocratiques communes en tant que liens qui unissent nos pays” qui devait être examiné par les deux pays.

Car comme conclut Sarah Yerkes: “Comme le montrent les résultats de l’enquête (d’Arab Barometer), les États-Unis ne peuvent plus considérer le soutien tunisien aux États-Unis comme acquis”.

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