TUNISIE
22/10/2019 17h:51 CET | Actualisé 22/10/2019 17h:52 CET

Pour Samir Dilou, le parti Ennahdha ne pourra pas former, seul, un gouvernement

"Dites-moi comment avec 52 députés sur 217 on peut former, seul, un gouvernement? Ce n’est pas possible” a-t-il affirmé.

Le dirigeant au sein d’Ennahdha Samir Dilou a affirmé, lundi, sur Shems Fm, que les membres du conseil de la choura n’étaient pas tous d’accord sur la fait de porter un candidat issu du parti à la tête du gouvernement.

S’il affirme que le nom du président du parti, Rached Ghannouchi, a bien été proposé, cela n’est pas définitif. “Personnellement, j’avais un avis contraire. Je pense qu’il faut d’abord définir le priorités, le programme avant de choisir de parler de la composition du gouvernement, qui ne doit pas être nécessairement dirigée par un membre d’Ennahdha” a-t-il dit ajoutant qu’il existe une grande majorité au sein du conseil de la Choura qui veut “qu’Ennahdha présente son candidat à la tête du gouvernement”.

“Le nom du candidat qui sera proposé sera discuté ultérieurement” a-t-il par ailleurs annoncé ajoutant que les noms divulgués par certains médias ou sur certains réseaux sociaux n’ont pas encore été “officiellement discutés au sein du Conseil de la Choura”.

Interrogé sur les alliances possibles de son parti en vue de former le prochain gouvernement, Samir Dilou affirme que “même un parti qui a obtenu 109 sièges, ne peut gouverner seul. Tant que nous sommes en phase de transition démocratique, nous sommes appelés pendant les années à venir à former les gouvernements sur une autre base que celle des résultats des élections (...) en faisant prévaloir l’intérêt national qui mène à la recherche de compétences au sein de différents partis mais également en dehors”.

Pour parvenir à former son gouvernement, le Conseil de la Choura d’Ennahdha a mis en place un comité chargé des négociations a affirmé Dilou. Celui-ci sera chargé de “prendre contact avec tous les partis qui composent le paysage politique actuel à l’exception de 9alb Tounes et du Parti Destourien Libre”.

“La situation du pays actuellement, avec les difficultés économiques, sociales, sécuritaires, fait que nous devons tous participer, s’entraider pour que le pays dépasse les difficultés auxquels il fait face pour revenir ensuite au schéma démocratique traditionnel, à savoir, que le parti vainqueur gouverne et le second prend la tête de l’opposition” assure-t-il.

Selon lui, tout est possible et les négociations ne sont closes avec personnes: “Ils peuvent déclarer ce qu’ils veulent. S’ils veulent faire partie du gouvernement ils sont les bienvenus, sinon personne ne les y oblige. Les négociations existent avec le Courant démocrate, le mouvement du peuple et Tahya Tounes et au bout du compte si nous nous mettons d’accord tant mieux, sinon tant pis”.

Pour lui, une chose est certaine, Ennahdha ne peut pas gouverner seul: “C’est comme si le peuple nous a donné 50 dinars et nous a demandé d’équiper avec une maison. Dites-moi comment avec 52 députés sur 217 on peut former, seul, un gouvernement? Ce n’est pas possible” regrette-t-il.

Concernant la possibilité de voir les négociations échouer et organiser un nouveau scrutin législatif, Samir Dilou affirme que cela n’est dans “l’intérêt de personne et encore moins dans l’intérêt du pays”.

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