ALGÉRIE
21/07/2019 12h:50 CET

Pour Saïd Sadi l’Armée est derrière la création du "Forum Civil pour le Changement"

Getty Editorial

Depuis Montréal où il se trouve à l’invitation du Congrès kabyle du Canada, Saïd Sadi, ancien président du RCD, s’en est pris à l’initiative du “Forum civil pour le changement” et sa liste de 13 personnalités en charge de conduire la médiation et le dialogue entre le pouvoir et le peuple, accusé de n’être qu’un paravent de l’armée.

“Ce forum est une des fausses manoeuvres de l’État-major algérien qui cherche à égarer le souffle de la révolution appelant à une rupture radicale”, a déclaré Saïd Sadi, dont les propos ont été rapportés par le journal canadien “Le Devoir”.

“Pour aboutir, cette révolution pacifique va devoir d’ailleurs se donner une réelle Convention, venant de la base, pour analyser les causes à l’origine de la crise et trouver les moyens adaptés pour les dépasser. Les révolutions citoyennes ne peuvent pas faire l’économie de ce genre de représentation”, a estimé l’ancien président du RCD qui espère voir cette Convention populaire se tenir rapidement en s’appuyant sur l’immigration algérienne en Europe et en Amérique dont la présence est capitale pour éviter que la révolution ne soit détournée, comme l’a été la guerre d’indépendance”, a-t-il jugé.

A cet effet, le Dr Sadi plaide pour un retour au pays de la diaspora afin de contribuer à la recherche d’une sortie de crise. “L’immigration algérienne au Canada est hautement qualifiée. Elle est composée dans une grande mesure d’anciens cadres algériens qui avaient une bonne situation en Algérie, mais qui ont quitté le pays pour donner un meilleur avenir à leurs enfants ou pour ne plus subir les frustrations liées à la corruption. Elle a la capacité de suivre ce qui se passe, d’analyser et de faire des offres politiques constructives”. “Son soutien peut être décisif. Elle est aussi arrivée récemment, et même si son intégration ici se fait mieux qu’ailleurs, elle a encore la mémoire vive du pays d’origine”, a affirmé Saïd Sadi.