MAROC
20/09/2019 12h:42 CET

Pour sa rentrée, l'Institut français de Casablanca veut réconcilier les Casaouis avec leur ville

“Casablanca, mon amour”.

Institut français/Aicha El Beloui
Illustration réalisée par l'artiste marocaine Aicha El Beloui

CULTURE - “J’ai, bonnes gens, 4 millions de voisins, on vit tous ensemble dans un grand quartier. Permettez-moi de vous racontez-ça, chez moi, c’est Casa...”. C’est avec les paroles de la chanson culte de Hoba Hoba Spirit, “Bienvenue à Casa”, que le directeur de l’Institut français de Casablanca (IFC), Martin Chénot, a entamé la présentation de la saison culturelle automnale de l’institut, lors d’une conférence organisée mercredi soir. Cette nouvelle saison est intitulée “Casablanca, mon amour”, l’occasion, pour le Casaoui de se réconcilier avec cette ville, estime Martin Chénot.

 

La programmation culturelle comprend, ce trimestre, 17 spectacles, 44 séances de cinéma, 2 expositions et plus de 21 rendez-vous autour du débat d’idées. Plusieurs temps forts seront aussi proposés, tout au long de la saison, comme les Rencontres chorégraphiques de Casablanca du 10 au 12 octobre, événement dont l’objectif “est de démocratiser la danse”, explique sa directrice, Ahlam Morsli.

La danse sera très présente cet automne à travers le spectacle “Boys don’t cry” de la compagnie d’Hervé Koubi le 24 septembre. Ce sera un “match de foot dansant”, s’articulant autour de la question “qu’est-ce que danser quand on est un garçon, qui plus est quand on vient d’Afrique du Nord et du monde arabe?”

 

Réconciliation 

Plusieurs résidences d’artistes passeront également par l’IFC cet automne. Leurs travaux porteront sur la région de Casablanca et le tissage des liens entre culture marocaine et française.

Au menu, et jusqu’au 29 septembre, le projet d’Art sonore et vidéo “Les villes nomades” d’Annabelle Playe, dont la mission est de “faire découvrir ou redécouvrir les villes”. Du 24 au 30 septembre, “La fabrique du lac” prendra ses aises dans le quartier Al Firdaous, “en chiffres, en images, et avec quelques témoignages d’expériences des différents acteurs du projet...”.

Et du 15 au 24 octobre, “Bonne route” de Nassim Azarzar jettera un regard sur la pratique de décoration des camions de transport de marchandise au Maroc “et la manière dont des artistes anonymes participent à la conception graphique de ces moyens de transport”.

En novembre, enfin, ce sera au tour de “Casablanca, Casaverde - Dar Beidaa, Dar Khadra”, résidence de trois semaines de 3 artistes marocains, 3 artistes français au cours de laquelle ces derniers “imagineront une Casablanca plus verte”.

Et, en avant-goût, en ce moment, se tient à l’IFC une exposition présentant les travaux de la première résidence accueillie cet automne: le collectif belge “Papier Machine”. Ce dernier vient d’éditer “l’Anticlopédie, volume un”, un livre et une exposition “anticlopédiques” conçus autour des idées reçues sur la capitale économique.

 

 “Parasite” en ville

Les amateurs de cinéma auront, eux aussi, l’occasion, cet automne, de découvrir des films inédits en salles marocaines. Sur la liste: des films francophones comme “Le daim” de Quentin Dupieux, dont la dernière projection est prévue le 26 septembre prochain, ou encore “Le jeune Ahmed” des frères Dardenne. Les cinéphiles pourront également découvrir sur grand écran la Palme d’or de cette année: “Parasite”, du Coréen Bong Joon Ho, le 1er et le 17 octobre.

Quant aux rencontres au programme, elles porteront sur la ville et son architecture, thème cher au directeur de l’IFC, lui-même architecte. L’institut donne ainsi aux amateurs rendez vous le 20 septembre pour la rencontre “Architecture du Maroc : Inventer et fabriquer une ville désirable”. Débat durant lequel les participants évoqueront notamment le besoin d’une ville “désirable” “face aux nuisances trop souvent subies”.

“La nuit des philosophes”, autre programme à ne pas rater, fera son retour avec une 6ème édition, le 9 novembre. A l’occasion, sera notamment abordée la question de l’environnement, autre thème qui tient à cœur cet institut.

Transition écologique 

Pour la seconde année consécutive, l’institut accueillera “Le chant des colibris”, événement réalisé en partenariat avec le “Mouvement Colibris” du célèbre militant écologique Pierre Rabhi. “Une nouvelle fois, nous proposons à tous les Casablancais de se réunir le temps d’un week-end pour imaginer et construire ensemble le monde de demain”, indique l’Institut.

Au programme, notez également que le 5 et 6 octobre aura lieu un concert avec de grands noms de la scène française et marocaine “pour vibrer et rêver le monde de demain”. Sur la liste figure aussi “Le village de demain! avec le Collectif Colibris Maroc”, qui réunira collectifs, associations, acteurs de la société civile “engagés dans la transition écologique et désireux de montrer qu’il est possible et heureux de vivre autrement, tout en respectant l’environnement.”

L’an dernier, des milliers de curieux ont fait le déplacement pour assister à la conférence du célèbre paysan et auteur, Pierre Rabhi. Plusieurs exposants vont également présenter, à l’occasion, leurs produits issus de l’agriculture biologique, leur mode de vie ou expliquer la manière dont ils se battent pour l’environnement.