MAROC
16/08/2018 12h:46 CET

Pour sa 18e édition, le festival L'Boulevard rend hommage à Amale Samie

Le journaliste et activiste amazigh est décédé en janvier dernier.

Zakaria Latouri/LBoulevard2015

MUSIQUE - Le festival L’Boulevard revient du 14 au 23 septembre au stade R.U.C à Casablanca avec une 18e édition bien particulière. Cette année, le festival sera organisé pour la première fois sans la présence d’Amal Samie, journaliste et écrivain décédé le 27 janvier dernier, qui a soutenu L’Boulevard depuis sa création en 1999.

“Cette édition a une place particulière dans nos cœurs [...]. [Amale Samie] fut l’un des premiers à croire et à soutenir L’Boulevard lorsque celui-ci n’était encore qu’une idée folle”, indique, dans un communiqué, l’équipe de l’association EAC-L’Boulvart qui organise le festival.

Une édition-hommage

L’affiche du festival, signée Ayoub Normal, donne le ton pour cette prochaine édition qui rendra hommage à travers sa programmation à cet activiste amoureux de rock et de metal.

Avec des tons rouges et bleus, Normal, qui a déjà réalisé plusieurs affiches pour l’association organisatrice, a choisi de représenter Samie à sa manière en glissant plusieurs références à l’activiste au grand coeur.

Ayoub Normal/LBoulevard

L’illustrateur dépeint, avec une touche d’excentricité, le style emblématique du rocker amazigh. Les longs cheveux blancs et l’imposante barbe de Samie s’allongent encore plus tels des rayons de soleil surplombant les montagnes, “en hommage à l’amour infini qu’il portait à celles du Moyen et du Haut Atlas, de Tassemit à Zaouiat Ahançal”, rappellent les organisateurs.

“La petite voiture qui le menait à des concerts rock et metal casablancais qu’il savourait, la fierté pour seule attitude, aux pistes et cimes enneigées en altitude. Des cèdres et des baleines, en référence à son premier roman éponyme, Cèdres et Baleines de l’Atlas, qui a obtenu en 1991 le Prix Grand Atlas, catégorie Edition Originale. Et puis une coiffe amérindienne, parce qu’il était le sage de notre petite tribu, son calumet de la paix frissonnant au son des râles électriques de Jimi Hendrix. Et parce que L’Boulevard a grandi et mûri au fil de sa plume, trempée dans la musique, l’impertinence et l’espoir”, explique l’équipe de L’Boulevard dans le communiqué.

Mais cet hommage se ressentira aussi à travers le programme du festival, notamment le choix des groupes qui reflète ses goûts musicaux comme Africa Ban ou Moroccan Tribute to Pink Floyd. Une résidence artistique a également été mise en place cette année spécialement pour lui rendre hommage, en “réunissant plusieurs de ses amis musiciens” et qui “reprendra un répertoire rock qui lui ressemble”, un set-hommage imaginé par Abdellah Hassak, connu sous le nom de DJ Guedra Guedra, indique le communiqué.

L’hommage ne s’arrête pas là. Pour immortaliser sa mémoire, une fresque murale sera réalisée en son honneur, ainsi qu’un petit livret compilant tous ses textes pour le magazine annuel du festival consacrée à la création alternative, L’Kounache.

Une programmation pour tous les goûts

Comme chaque année, le festival commencera par la compétition Tremplin qui met au devant de la scène les jeunes musiciens marocains. Du 14 au 16 septembre, une centaine de chanteurs et musiciens défileront donc devant le jury tout en faisant profiter le public de leur talent dans les catégories rap/hip hop, rock/metal et fusion/musique du monde.

À partir du 20 septembre, les spectateurs pourront ensuite se déchaîner sur les rythmes chaâbi-groove de l’Orchestre National de Barbès, sur le dub et reggae anglo-guyanien de Mad Professor & The Robotiks, et sur le death metal symphonique du groupe grec Scepticflesh.

Les fans du groupe Shayfeen pourront aussi les retrouver sur la scène du stade en compagnie du rappeur Madd. Le raï new wave s’invite également à cette 18e édition avec le groupe Sofiane Saidi & Mazalda.

Il faudra cependant attendre le 4 septembre pour découvrir le programme complet “qui réserve bien des surprises”, d’après les organisateurs.