ALGÉRIE
19/09/2019 12h:43 CET

Pour Rahabi, la responsabilité de l'ex-président Bouteflika dans les affaires de corruption est entière

DR
Abdelaziz Bouteflika

Abdelaziz Rahabi, ancien ministre et ancien ambassadeur, a annoncé qu’il était parmi les premiers à demander le jugement de l’ex-président de la République, Abdelaziz Bouteflika qui a démissionné le 2 avril 2019, chassé par un mouvement de contestation populaire sans précédent.

J’ai fait cette demande car il faut situer les responsabilités politiques en matière de corruption. Sans les politiques et l’immunité qui leur est accordée, il n’y aurait pas eu de corruption dans le pays. Les responsables politiques en détention à El Harrach ont déclaré devant le juge d’instruction qu’ils avaient appliqué les instructions venant du président ou de son frère pour accorder des avantages en dehors de la loi à des hommes d’affaires eux aussi poursuivis pour actes de corruption. Il est apparu qu’à partir de 2013, toutes les instructions venaient du frère du président (Saïd Bouteflika). Cela n’exempt pas ces responsables politiques de la responsabilité légale surtout des preuves d’enrichissement personnel sont établies. La responsabilité du président dans toutes les affaires de corruption est entière. Idem pour son frère”, a-t-il écrit dans un post sur son compte Facebook. 

Selon lui, le jugement des chefs d’Etat a une symbolique morale et politique importante. “C’est un message qui est envoyé au prochain président. Il est impensable que Bouteflika se présente pour un cinquième mandat soutenu par des partis, des associations et des personnalités, et lorsqu’il est question de répondre devant un tribunal aux interrogations des algériens sur les méfaits de sa politique pendant vingt ans, il devient malade et invalide”, a-t-il appuyé.

Ne pas “imposer” des ambassadeurs

Abdelaziz Rahabi est revenu aussi sur le dernier mouvement dans le corps diplomatique. “Il n’est pas raisonnable d’imposer des ambassadeurs, nommés dans des capitales importantes, au prochain président. C’est contraire aux us diplomatiques et c’est un signe négatif aux capitales concernées par les nominations, car elles sont conscientes que les décisions d’un gouvernement provisoire ne sont pas contraignantes pour le prochain président”, a-t-il expliqué. 

Le chef d’Etat par intérim Abdelakader Bensalah a procédé, fin août 2019, à un mouvement au sein du corps diplomatique en procédant à la nomination de nouveaux ambassadeurs à Tunis, Rabat, Le Caire, Washington, Londres, Rome, Abu Dhabi, Paris et Madrid.