TUNISIE
14/09/2018 10h:38 CET

Pour Néji Jalloul, ce qui se passe à Nidaa Tounes est le résultat du Congrès de Sousse

”Cela fait deux ans que je dis qu’il y a un grand problème de gouvernance au sein du parti"

Anadolu Agency via Getty Images

Invité de la matinale de Shems Fm, le président de l’Institut Tunisien des Études Stratégiques (ITES) et membre du comité exécutif de Nidaa Tounes Néji Jalloul est revenu sur la crise que traverse son parti entre d’une part le directeur exécutif du parti Hafedh Caid Essebsi et de l’autre le chef du gouvernement Youssef Chahed.

Interrogé sur l’ultimatum de 24 heures posé par le parti au chef du gouvernement, auquel celui-ci n’a pas répondu, le président affirme qu’il n’a pas personnellement participé à la rédaction de cette correspondance: “Personnellement, je n’ai pas participé à la cette correspondance envoyée au chef du gouvernement. Qu’il réponde ou pas, après tout, lui et le directeur exécutif sont membres du même parti” a-t-il estimé.

Pour lui, les problèmes au sein du parti auraient pu être évités. Il rejoint la députée démissionnaire Zohra Driss sur le fait que le Congrès de Sousse au cours duquel Hafedh Caid Essebsi s’est autoproclamé directeur exécutif du parti comme un moment clé dans l’apparition de tensions: ”Cela fait deux ans que je dis qu’il y a un grand problème de gouvernance au sein du parti Nidaa Tounes” a-t-il fustigé.

“Tout ce qui se passe est le résultat du Congrès de Sousse qui a été une véritable catastrophe et qui n’aurait jamais dû avoir lieu” rappelle le président de l’ITES avant d’ajouter: “On a l’impression que le paysage politique se transforme en bataille entre Hafedh  Caid Essebsi et Youssef Chahed”.

Si certaines voix affirment que la crise politique actuelle du pays émane de la crise que connait Nidaa Tounes, Néji Jalloul pense autrement: “Le pays n’est pas en crise à cause d’un différend au sein du parti Nidaa Tounes. Il est en crise parce qu’il existe une culture de consensus”.

“La politique c’est avoir des positions, des valeurs, un projet et des idées, dans lesquels il faut s’inscrire. Si ça réussit tant mieux, sinon on se fait virer ou on perd les élections” a-t-il déclaré.

Les travaux de l’ITES

Alors que l’ITES enchaine les conférences et les diagnostics sur la situation du pays, Néji Jalloul est revenu celle présentant un programme de 06 mois pour sauver la Tunisie, il explique: “Nous avons présenté des solutions (...) On n’a pas dit que la Tunisie deviendra le paradis sur terre”.

Parmi les solutions proposées, la taxation des banques: “Les Banques font des bénéfices à deux chiffres. Si on mettait en place une taxe sur les Banques et que cet argent aille chez les retraités...est-ce que les banques vont faire faillite?”

Autre proposition, limiter les importations des produits de luxe: “Aujourd’hui, quant on va dans une grande surface, on a l’impression d’être dans un pays étranger. Ce qu’on a proposé, c’est de limiter les importations des produits de luxe” a-t-il expliqué ajoutant que ces mesures permettront de rapidement remettre l’économie tunisienne sur le droit chemin.

“Nos propositions sont faisables” a-t-il martelé reprochant l’immobilisme de certains et l’absence de la volonté de faire avancer les choses.

“Quand j’étais ministre de l’Éducation, j’ai essayé de faire changer les choses. Mais ils se sont tous retournés contre moi. Plus personne ne voulait avancer. Il y a des gens qui ne veulent pas travailler dans ce pays” estime Néji Jalloul avant d’ajouter: “La preuve? Des gens disent que mon chauffeur vend de la drogue. Est-ce là un des plus grand problème du pays? (...) C’est un fait divers. Si ça avait été traité comme tel par les médias, j’aurai compris, mais que ça devienne politique... Les gens qui veulent salir la réputation de Néji Jalloul, je leur dit d’aller voir ailleurs” s’est-il emporté avant de faire la lumière sur cette affaire.

“Mettons les choses au clair: Ce n’est pas mon chauffeur. C’était un contractuel venu remplacer pour 6 mois un agent malade” a-t-il précisé.

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