TUNISIE
22/01/2019 17h:16 CET | Actualisé 22/01/2019 17h:29 CET

Pour Mohamed Abbou, BCE ne pourra pas assurer la fonction de président, en raison de son âge

À 92 ans, il est très probable que le président décide de briguer un nouveau mandat.

Invité de Mosaique FM, le leader du Courant Démocrate, Mohamed Abbou a exprimé son opposition à la possible candidature de Béji Caid Essebsi à l’élection présidentielle de 2019.

Abbou estime que le président, en raison de son âge avancé, ne serait pas en mesure d’assurer pleinement ses responsabilités de président de la République, et que l’âge pourrait constituer un sérieux obstacle à sa fonction.

“Bien que ses prérogatives soient limitées, le président joue toutefois un rôle important aussi bien à l’échelle diplomatique internationale, que pour contenir les crises internes. Il faut quelqu’un de dynamique, et davantage présent sur la scène internationale. À un certain âge, notre rendement devient limité. Il faut qu’il comprenne cela, c’est comme ça que nous avons été conçus.” a déclaré Abbou, indiquant qu’il avait exprimé le même avis lors des élections de 2014.

En ce qui concerne son éventuelle candidature à l’élection présidentielle, Mohamed Abbou a affirmé que rien n’a encore été décidé, et que le parti attendra la tenue de son séminaire en mars 2019 pour en discuter. Il a par ailleurs déclaré ne pas y songer et n’exprimer aucun désir de se présenter.

Il a également déclaré qu’il avait délibérément décidé de limiter ses apparitions dans les médias au cours des années dernières, rejetant la moitié des sollicitations, notamment pour pouvoir céder la place à d’autres figures du parti, mais aussi à cause de son épuisement. “La responsabilité partisane et le travail volontaire sont épuisants.” explique-t-il

Sur la possibilité de former des alliances avec d’autres partis, il a estimé que le temps ne permet pas de faire des blocs partisans et qu’il était plus approprié que chaque parti établisse ses propres listes, jugeant cette approche nuisible pour les partis.

“J’ai déjà vécu l’expérience de fusion des partis, qui s’est avérée être une mauvaise option. Il faut que les Tunisiens donnent leur confiance à un parti dont les objectifs et les positions sont clairs, et qui n’a jamais changé d’orientation ou de principes” a-t-il ajouté, indiquant l’exemple de Nidaa Tounes et ses multiples divisions.

S’agissant du projet politique du chef du gouvernement, Youssef Chahed, Abbou estime qu’il a tout à fait le droit de le faire, appelant tout de même à ce qu’il n’exploite pas l’appareil de l’Etat dans le but de servir ses ambitions politiques.

“Qu’il soit chef du gouvernement et président de parti, cela ne pose aucun problème et fait partie de la démocratie. Mais j’ai peur qu’il n’utilise les moyens de l’Etat dans ses activités partisanes”, explique-t-il. 

Pour rappel, le coordinateur général du mouvement Nidaa Tounes, Ridha Belhaj a déclaré, samedi 19 janvier, que le président de la République, Béji Caïd Essebsi pourrait être candidat du parti à l’élection présidentielle de 2019, ajoutant que des dirigeants de Nidaa Tounes veulent présenter sa candidature “s’il le souhaite bien sûr”.

Quelques semaines auparavant, le président du bloc parlementaire du parti, Sofien Toubel, avait affirmé que l’actuel président de la République, Béji Caid Essebsi serait le candidat naturel du parti lors de la prochaine élection présidentielle de 2019.

“Nous aurons un candidat à l’élection présidentielle. Son nom sera annoncé lors du prochain congrès (...) Naturellement, la priorité sera donnée à Béji Caid Essebsi. Il est le fondateur du parti (...) s’il souhaite se présenter, nous ne trouverons pas mieux que lui”, avait-il affirmé.

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