TUNISIE
25/06/2019 02h:18 CET

Pour Macron, les gilets jaunes ne sont pas "de simples citoyens qui manifestent"

“Penser que nous avions affaire à de simples citoyens en train de manifester, c’est du pur ‘bullshit’", a déclaré Emmanuel Macron.

POOL New / Reuters

POLITIQUE - Pas sûr que ces propos soient de nature à calmer la colère des gilets jaunes. À l’occasion d’un long portrait publié dans le magazine américain The New Yorker, intitulé “Emmanuel Macron peut-il endiguer la marée populiste”, le président de la République revient sur les derniers mois écoulés, marqués notamment par la crise des gilets jaunes. 

Interrogé sur les violences policières qui ont été maintes fois dénoncées, expression tout autant contestée par le gouvernement que par la policeEmmanuel Macron rejette la responsabilité sur les manifestants.

“Un très haut degré de violence”

“Non”, il n’est pas satisfait de certaines actions de la police, “mais il faut voir ce que nous avons vécu : pour la première fois, nous avions un mouvement social avec un très haut degré de violence. Quelque chose d’unique”, justifie-t-il.

“J’ai décidé de ne pas décréter de situation particulière, ni d’interdire ces manifestations. J’ai fait cela car je ne voulais pas réduire le niveau de liberté dans ce pays. Je pense que ça aurait été une erreur”, poursuit le locataire de l’Elysée, avant de donner son avis sur les manifestants vêtus de fluo qui se mobilisent samedis après samedis: “penser que nous avions affaire à de simples citoyens en train de manifester, c’est du pur ‘bullshit’”.

 

Même analyse lorsqu’il évoque le cas de Geneviève Legay, la sexagénaire grièvement blessée en marge d’une manifestation (non autorisée) à Nice. “Aller dans un endroit où il était interdit de manifester est complètement fou. Le bon sens est bienvenu, surtout en cette période difficile ! Je lui souhaite le meilleur ! Mais cette vieille dame n’allait pas faire des courses. Elle manifestait avec des activistes, face à des policiers, au pire moment de la crise”, explique le chef de l’État, qui évoque un problème de perception des violences. 

“Ce qui est très compliqué à gérer, c’est que beaucoup de personnes en ont assez de la violence des manifestants, qui pourrait être synonyme d’une sorte de laxisme. Et en même temps, d’autres sont en colère face à tous ces blessés, qui sont synonyme d’autoritarisme”, ajoute Emmanuel Macron. 

À noter que ces propos ne devraient pas manquer de faire réagir dans l’Hexagone. Le journaliste David Dufresne, qui documente les violences policières depuis le début du mouvement des gilets jaunes, a commenté les déclarations du chef de l’État, considérant que celles-ci relevaient du “déni”. Selon le décompte fait par le journaliste indépendant, 138 personnes ont été blessées à la tête lors des manifestations. 

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