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11/02/2019 12h:46 CET | Actualisé 11/02/2019 12h:46 CET

Pour l’Union des Forces Progressistes

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Les dangers qui pèsent sur l’entité nationale sont évidents. Si les communautés combattantes se sont imposées le cadre national pour mener à bien les tâches relatives à la limitation des pouvoirs de l’existentialité, il n’en reste pas moins que l’option critique, intrinsèque à tout être pensant, peut légitimement remettre en cause les acquis symboliques propres au groupe national.

Il est évident que les partis proches des préoccupations sociales pourraient se mettre d’accord au moins sur certains points et à partir de modalités peu contraignantes. Créer un forum où des militants pourraient échanger peut ne pas être en contradiction avec les logiques partisanes ou idéologiques.

Si le FFS joint l’idée libérale à l’impératif auto-humanisant, le MDS reste obsédé par le capital politico-institutionnel acquis par l’entité nationale. En transversal, le principe d’onto-refondation éthique et néanmoins discutable de l’entité traumatisante du soi collectif.

Les forces politiques doivent se fixer un horizon où se placera l’espoir historique (avenant), lequel devrait être la convergence de trois révolutions. Tout parti a ses dogmes, mais un dogme, aussi sacré soit-il, reste dans la mémoire affective comme garde-fou contre toute déviation idéologique.

1- Le Concept face à la lexicalisation

D’abord, la révolution épistémologique. L’emploi des concepts et de la méthodologie de la perception de l’espace collectif ne devrait nullement laisser place aux forces droitières qui manipulent les fondamentaux humains, dont la langue, la religion, le genre, etc., pour fausser le tracé social. Nous assistons à une droitisation vulgaire des discours et des idéologies politiques en charge de la mouvance du groupe national.

1 - S’opposer aux culturalistes, aux confessionnalistes, aux familialistes, et aux essentialistes de façon générale.

2 - Réfléchir à la constitution d’un espace collectif, du moins lexicalement, sans contenu idéologique, mais capable de reprendre tous les composants historiques de l’Algérie, tout aussi affectifs qu’intellectuels.

2- L’Enfer du souffrant anonyme

Ensuite, la révolution sociale. Il n’est plus utile de rester sur le seuil politique, aiguisant les appétits électoralistes. Les forces politiques sont appelées à se soustraire aux logiques instaurées par le régime. Le populisme par lequel agit le personnel politique met les masses dans un enfer, car l’obsession politiciste enlaidit l’image des militants. D’abord, ceux-ci sont perçus comme les colporteurs de discours électoralistes. Par ailleurs, face aux appareils répressifs qui échappent à la critique politique le citoyen est sinon lynché, du moins désarmé.

1- Isoler les capitalistes nationalistes, afin de créer une possibilité de récupération pacifique de la richesse nationale et de pouvoir réussir un consensus de fondation.

2- Créer un espace clivé et néanmoins apaisé. Le tracé social n’est pas obligé de suivre les références occidentales, ni celles des officines, opposant les Algériens soit des valeurs humaines, soit sur des fondamentaux nationaux.

3- Détruire les logiques droitières, qui donnent du crédit au politique par la morale.

3- La sécularisation : l’impératif adieu à soi

En dernier lieu, la révolution contre-historique. Les forces politiques sont appelées à renforcer les tâches de sécularisation amorcées par les alliances, certes fragiles mais sacrées, des forces intellectuelles et des masses populaires. La massification du savoir politique est restée l’otage des forces techno-morales qui réussissent à tuer toute aspiration à la liberté et à la justice, en ravivant le mythe de la Dualité Historique, qui oppose à l’espoir non l’effort, mais le vide.

1° Réfléchir sur l’intervention de l’Etat sur des questions liées à la détresse humaine.

2° La création de nouvelles organisations politiques capables de se défaire des réflexes para-humains.

3° La massification de la pensée relative à la perception de l’Être.

Nous devons réfléchir sur trois problématiques.

D’abord, la réparation de l’âme humaine, traînée dans des conflits barbares. L’humanisation de soi n’est pas une œuvre bourgeoise, même si elle est parfois déléguée à des corporations dont la brutalité n’hésite pas à jouer sur toutes sortes de vices.

Ensuite, la projection du groupe dans une ambiance idéologique féconde. Ce que l’on pourrait appeler la posture du débat ne doit pas être abandonnée, malgré les risques de dérapage vers l’auto-érotisation de la parole et vers la caporalisation scientifique de la tâche transtemporelle de l’humanisation.

En dernier lieu, la limitation des pouvoirs de la subjectivité, laquelle n’hésite pas à afficher un capitalisme ontologique. L’excroissance n’est pas la marque exclusive des capitalistes. L’autopunition par le machinisme ouvrier est le couloir préféré des combattants existentialistes.

Trois grands courants de gauche peuvent, par une synergie tout aussi pénible qu’impérative, nous aider à freiner l’accès de jouissance illusionniste que nous procure le capitalisme.

1 - L’antimilitarisme constructif

Le FFS a été un rempart contre la réduction du souci du soi collectif à une œuvre de contrat réussi par les forces répressives. Si sur le plan de la doctrine il reste redevable d’un positionnement clair sur ses tendances socialistes, le FFS a réussi le défi de se constituer contre les appareils répressifs (il s’agit d’une organisation de résistance) et à relayer, tout au long de son parcours (du moins jusqu’à 2012), l’image d’un parti populaire et révolutionnaire. On lui accorde qu’il a été antimilitariste, mais pas adepte de l’annihilation du capital étatique.

2 - Le spiritualisme éthique

Le MDS a réussi, le seul d’ailleurs, à comprendre la structure de la raison islamiste. Il nous fait comprendre que le droit à la religion ne doit pas être confisqué par un quelconque groupe. Si son soutien aux appareils répressifs démontre un grave dérapage contre les repères de la gauche oppositionnelle, il reste l’un des rares courants à manifester une sympathie envers le droit de culte, musulman compris. Anti-islamiste, le MDS lutte pour la restitution de la spiritualité à tous les sujets humains.

3 - Le socialisme iconoclaste

Le PST a été le parti le plus attaché à la modernité politique, vu la manière dont il est composé et les actions qu’il mène. S’il est entaché d’un certain élitisme, il reste le parti qui incarne le combat social, en s’opposant à la bourgeoisie conservatrice. Peu médiatisé, il reste attaché au dogme de la lutte des classes. La position anti-bourgeoise est reconnue comme le seul moyen d’accéder à une société guérie de ses traumatismes fondateurs, dont les plaies existentielles.

4 - L’étatisme hémiplégique

Le PT lutte pour l’accès de la classe ouvrière à la démocratie. Mais cette lutte constitue un rempart à la politisation bourgeoise et existentialiste. Le politique tel que pensé par le PT refuse de subir les dialectiques refondatrices, d’où le rejet d’un contre-pouvoir civil. Se politiser, c’est conjuguer à la Raison les actes psycho-verbaux refondateurs.

Une trêve idéologique, n’est-ce pas le temps ? Une dé-construction de la philosophie de l’Etat et de ses institutions reste inévitable. C’est l’embourgeoisement du personnel officiel et des agents politiques qui a usé la pratique politique.