TUNISIE
04/06/2018 13h:13 CET

Pour le ministre de l'Intérieur italien, les migrants tunisiens sont des "ex-détenus" et des "délinquants"

Au lendemain du péril de 48 migrants au large de l'île de Kerkennah.

En marge de sa visite au centre de migrants de la province de Pozzallo en Sicile, le ministre de l’Intérieur italien et président du parti de l’extrême droite “La Ligue du Nord”, Matteo Salvini, s’est plaint des débarquements de migrants Tunisiens en Italie, qualifiant ces derniers d’ “ex-détenus” et de “délinquants”.

“Ici, de plus en plus d’immigrants clandestins arrivent de Tunisie, ceux-ci ne sont pas des réfugiés de guerre, mais souvent des délinquants et des ex-détenus.-” a-t-il écrit dans une publication sur sa page Facebook.

 

Le ministre a ainsi appelé à intensifier les expulsions en collaboration avec les pays d’origine, y compris la Tunisie.

Matteo Salvini souhaite également revoir l’accord entre l’Europe et l’Italie en matière de gestion de l’immigration clandestine, jugeant la convention de Dublin injuste, ne garantissant pas l’égalité entre les États membres de l’Union Européenne.

“Notre gouvernement va dire NON à la réforme du règlement de Dublin” a noté le ministre italien.

 

Matteo Salvini est allé jusqu’à menacer d’ “utiliser d’autres moyens” si l’Europe n’aide pas davantage l’Italie dans la lutte contre l’immigration clandestine.

“Les débarquements et l’accueil de centaines de milliers de non-réfugiés ne peut continuer à être le problème de l’Italie seulement. Soit l’Europe nous donne un coup de main pour sécuriser notre pays, soit nous devrons recourir à d’autres moyens” a-t-il ajouté.

Après la révolution, et le chaos qui règne en Libye, l’immigration clandestine a explosé suite à la baisse de la sécurité côtière, et des passeurs qui ont très largement profité de la situation.

Ce phénomène a été à maintes reprises dénoncé aussi bien par des politiciens européens, que par des médias.

Dans un article publié sur son site web en février 2018, le quotidien italien, Giornale di Sicilia, avait exprimé son inquiétude quant à la probable présence d’individus terroristes parmi les migrants clandestins accueillis par l’Italie, et qui proviennent en grande partie de Tunisie.

La Tunisie a d’ailleurs été classée première en 2018, avant Érythrée, en termes d’arrivées de migrants irréguliers par mer en Italie, d’après des données du Ministère de l’Intérieur italien. Elle avait été classée 8ème en 2016-2017.

Le phénomène de la migration irrégulière au départ de la Tunisie, touche de plus en plus de jeunes Tunisiens toutes régions confondues. Pas plus tard qu’hier, dimanche 3 juin 2018, la garde nationale a repêché les corps de 48 migrants, et secouru 68 autres dont 61 Tunisiens et 7 étrangers.

Selon une étude publiée fin 2016 par le Forum Tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), près d’un jeune Tunisien sur deux issu de quartiers populaires réfléchit à quitter son pays, et un sur trois se dit prêt à émigrer clandestinement si la situation l’impose.

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