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05/04/2019 08h:45 CET | Actualisé 05/04/2019 08h:45 CET

Pour la transition démocratique

France 24

Dès le 22 février 2019 le Mouvement populaire est apparu aux yeux des Algériens et du monde entier pour ce qu’il est, un mouvement politique pacifique d’ampleur nationale, populaire et démocratique. Ce caractère s’est depuis confirmé de jour en jour et de semaine en semaine, et sa force a grandi dans la mesure où désormais, le Mouvement populaire unit tous les lieux du territoire, la diaspora, toutes les catégories sociales, toutes les tendances politiques et idéologiques contre un régime identifié comme celui de l’échec dans tous les domaines, un régime illégitime, répressif, inefficace et corrompu.

Avec la lettre du 11 mars 2019 attribuée au président de la République, le régime a brisé l’ordre constitutionnel, avouant son incapacité à sortir de l’impasse où il a conduit le pays, mais, par la même, ouvrant involontairement la voie à une nouvelle possibilité de solution de la crise, car, en réalité, le viol de la Constitution par le président de la République donne au pouvoir réel, à l’ANP, la possibilité de répondre positivement à la demande du Mouvement populaire, une demande claire et précise, portée par la quasi-totalité des Algériens : le départ du régime actuel et son remplacement par un régime, pleinement démocratique, et donc légitime.

 

Le Mouvement populaire sait qu’il ne pourra atteindre son objectif fondamental sans durer dans sa détermination et sa vigueur,  sans maintenir son caractère pacifique, sans consacrer le nouveau rapport de forces qu’il aura ainsi établi par la mise en place des institutions issues du Mouvement populaire, à commencer par un Gouvernement de transition démocratique.

Aujourd’hui, alors que les corps constitués qui forment l’armature la plus solide de l’appareil d’Etat, notamment la magistrature, l’armée et la police, expriment leur sympathie pour le Mouvement populaire, il est temps de sortir de l’impasse et d’avancer dans la voie de la solution politique, ordonnée, pacifique et démocratique de la crise. De ce point de vue, il apparaît de plus en plus que l’opinion la plus large peut converger vers les points suivants :

- Le départ du Chef de l’Etat et de son gouvernement le plus tôt possible.

- La dissolution immédiate de l’APN, du Conseil de la Nation et du Conseil constitutionnel.

 - La formation d’un gouvernement de transition démocratique composé de personnes reconnues dans la société pour leur patriotisme, leur intégrité, leur indépendance, leur compétence et leur engagement aux côtés du peuple, pour la défense du bien public, de l’intérêt général, de l’Etat de droit et de la démocratie.

- Ce gouvernement serait chargé de réaliser, sur une période de moins d’un an, un programme dont le contenu, les objectifs et les échéances seraient précis, publics et solennels, et consisterait principalement à préparer la tenue d’élections démocratiques par, entre autres mesures pertinentes, l’instauration des libertés démocratiques fondamentales, l’ouverture des champs de l’organisation et de l’expression citoyenne, syndicale et politique, l’assainissement et la publication du fichier électoral, la révision des lois sur les partis, les associations, les médias et les élections.

- L’acte fondateur du prochain régime sera l’adoption par le peuple de la nouvelle Constitution.

- Le Gouvernement de la transition démocratique devra veiller à ce que le processus conduisant à l’adoption de la Constitution renforce la dynamique de la Révolution démocratique populaire du 22 février.

- L’élection présidentielle et celle de l’Assemblée nationale auraient lieu à la suite de l’adoption de la Constitution.

- En attendant l’élection du président de la République, les pouvoirs qui lui sont actuellement dévolus seraient transférés au Chef du Gouvernement de la transition démocratique.

- Le Mouvement populaire devra continuer sa mobilisation pendant toute la durée de la transition, notamment par l’organisation de discussions et de débats publics sur toutes les questions qui touchent à la conception du nouveau régime et à l’avenir du pays.

 

L’ANP est aujourd’hui interpellée. Elle doit faire connaître son choix : soutenir le régime actuel, ou bien soutenir la transition vers l’instauration d’un régime démocratique.

 

Si l’ANP choisit effectivement de soutenir le Mouvement populaire, elle devrait appeler un représentant du Mouvement populaire à constituer dans les plus brefs délais un Gouvernement de transition démocratique, et ce, dès le départ du Chef de l’Etat.

 

Face aux diverses urgences économiques, sociales et politiques qui pèsent sur lui, le pays ne doit pas perdre de temps avant d’engager l’inéluctable et salutaire transition qu’exige le Mouvement populaire.